Diagnostic du Covid-19 : des tests sérologiques réservés aux soignants

, par  Léa Vandeputte

La Haute autorité de santé (HAS) préconise l’usage des tests sérologiques uniquement pour compléter ou confirmer un diagnostic de coronavirus. Elle déconseille également leur déploiement à grande échelle.

Dans le cadre du dépistage du Covid-19, la HAS a publié un avis, le 2 mai, concernant l’utilisation des tests sérologiques. Ces derniers permettent de rechercher dans le sang, et plus précisément dans le sérum qu’il contient, des traces immunitaires du passage du virus, c’est-à-dire des anticorps créés par l’organisme pour le détruire. Les experts estiment qu’il faut rester prudent face à ces tests et les utiliser, dans un premier temps, uniquement sur prescription médicale. Ils ciblent plus particulièrement les personnels soignants ou les personnels d’hébergements collectifs (établissements sociaux et médico-sociaux, prisons, casernes, résidences universitaires, internats…) qui n’ont pas de symptômes. « Des utilisations à des fins collectives, telles que l’organisation du travail au sein d’une entreprise ou l’aide au déconfinement, ne sont pas envisageables », indique la Haute autorité.

Des outils complémentaires

Selon elle, les tests sérologiques « complètent les tests virologiques (RT-PCR) indiqués en diagnostic précoce de la maladie ». Ce sont d’ailleurs ces derniers – réalisés grâce à un écouvillon qui permet de faire un prélèvement dans le nez – que le gouvernement a prévu d’utiliser en se fixant « l’objectif de réaliser au moins 700 000 tests virologiques par semaine à compter du 11 mai ». La différence entre ces deux types de tests est importante : les premiers déterminent si une personne a produit des anticorps en réponse à une infection par le virus, les seconds permettent de savoir si le malade est infecté au moment où ils sont réalisés. C’est pour cela que la HAS préconise d’utiliser les tests sérologiques en « complément, à partir du 7e jour ou du 14e après l’apparition des symptômes, notamment pour servir de « rattrapage » si un test virologique n’a pas pu être réalisé avant ou pour poser le diagnostic chez des patients présentant des signes évocateurs de Covid-19 mais dont le test virologique est négatif » .

Un manque de connaissance sur l’immunité

Précautionneuse, l’institution rappelle également que « les tests sérologiques ne permettent pas de statuer si la personne est contagieuse ou pas », avant d’ajouter : « en effet, il n’y a pas de corrélation établie entre production d’anticorps et présence du virus infectieux. » La question d’une immunité protectrice contre le Covid-19 fait toujours débat au sein du milieu scientifique. « L’immunisation n’est pas systématiquement synonyme d’immunité (ou de protection) contre une nouvelle infection par ce même virus », considère l’autorité sanitaire. « Mal utilisés, les tests pourraient induire en erreur les patients sur leur immunité, argumente-t-elle. Un relâchement sur les mesures barrières et la distanciation physique pourrait ainsi augmenter le risque d’une nouvelle vague épidémique. Ce qu’il faut à tout prix éviter. »
La HAS devrait rendre un autre avis, dans une dizaine de jours, sur l’utilisation des tests de diagnostic rapide et des autotests.

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