Diabète : une pétition pour mettre fin aux discriminations professionnelles

, par  Delphine Delarue

Aujourd’hui en France, malgré les progrès thérapeutiques, certains métiers demeurent inaccessibles aux personnes atteintes de diabète. La Fédération française des diabétiques (FFD) vient de lancer une pétition en ligne qui dénonce « ces discriminations professionnelles inacceptables ».

« Que tous ceux qui ont un diabète puissent choisir le métier de leurs rêves. » C’est le vœu formulé par la Fédération française des diabétiques (FFD) à l’occasion du lancement de sa pétition en ligne le 9 janvier. « Aujourd’hui, si vous avez un diabète, vous ne pouvez pas être ingénieur des Mines, marin, policier, hôtesse de l’air, contrôleur de la SNCF ou de la Sécurité sociale, pompier », déplore la FFD. Cette pétition, qui a déjà récolté plus de 23 300 signatures, a pour objectif d’interpeller les candidats à l’élection présidentielle pour « en finir avec les discriminations professionnelles inacceptables […] et faire bouger la réglementation avec des proposition concrètes », précise la fédération.
Les textes qui réglementent l’accès des diabétiques, et notamment des diabétiques de type 1 (insulinodépendant), à certaines professions datent de plusieurs décennies et ne se sont pas adaptés aux récents progrès thérapeutiques. Ils se justifiaient à l’époque par le risque d’hypoglycémie et de complications générales induites par la maladie. « Par exemple, l’école des Mines est interdite aux personnes diabétiques parce qu’autrefois ces ingénieurs descendaient dans les mines et devaient donc avoir une très bonne vision pour travailler dans un environnement aussi sombre. Mais ce n’est plus le cas depuis bien longtemps, et pourtant le texte n’a pas évolué », précise la FFD.

Quatre millions de personnes diabétiques en France

La France compte actuellement 4 millions de personnes atteintes de diabète, une maladie qui existe sous deux formes : le diabète de type 1 (environ 10 % des cas), qui apparaît brutalement chez l’enfant ou le jeune adulte, causé par la destruction des cellules du pancréas produisant l’insuline, et le diabète de type 2 (environ 90 % des cas), caractérisé par une hyperglycémie chronique et qui se développe progressivement chez des personnes de plus de 40 ou 50 ans. De nos jours, qu’il s’agisse de diabète de type 1 ou de type 2, avec les traitements disponibles, les outils de contrôle et l’éducation thérapeutique, les patients peuvent rester en bonne santé et les complications sont considérablement réduites. « Grâce aux progrès faits en diabétologie, la personne diabétique est capable de tenir la plupart des emplois », constate le professeur Gérard Lasfargues, directeur général adjoint scientifique au sein de la mission Alertes et veille sanitaires (Anses) et conseiller auprès de la Fédération française des diabétiques. Les dispositifs d’autosurveillance glycémique, couplés à des modalités de traitements efficaces, permettent en effet un contrôle du diabète bien plus précis qu’auparavant.

Injustice sociétale

« Le diabète est une maladie chronique, pas un handicap. Il ne faut pas ajouter à cette injustice de la vie une injustice sociétale », précise le docteur Marc de Kerdanet, pédiatre diabétologue et président de l’association Aide aux jeunes diabétiques (AJD). Même si certains métiers resteront « difficilement accessibles, admet pour sa part Gérard Raymond, président de la FFD, chaque cas devrait être étudié par une commission transparente regroupant l’ensemble des acteurs : professionnels, médecins, associations de patients, experts scientifiques ».
A travers cette pétition, les associations de patients réclament donc l’actualisation de la réglementation notamment pour « la police, le corps des ingénieurs et le personnel navigant commercial », le passage d’un cadre « restrictif a priori » à un « cadre ouvrant l’accès à toutes les professions sur la base d’une évaluation au cas par cas » et la création d’un groupe interministériel dont le rôle sera de réévaluer les textes chaque année au regard des progrès technologiques et médicamenteux. La FFD demande également à ce que les candidats à l’élection présidentielle inscrivent tous ces engagements dans leur programme.

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