Détecter une scoliose avant la puberté

, par  Isabelle Coston

La scoliose apparaît au cours de l’enfance et peut évoluer tout au long de la croissance. Cette déformation du rachis est la manifestation d’une maladie dont on ignore encore la cause dans la plupart des cas. Si on ne peut pas la guérir, un dépistage précoce permet toutefois d’en limiter les méfaits.

La scoliose est un déplacement, en trois dimensions (plans horizontal, sagittal et frontal), de tout ou partie de la colonne vertébrale, qui prend alors la forme d’un S. Cette torsion d’une ou de plusieurs vertèbres provoque une asymétrie du thorax, une gibbosité, c’est-à-dire une bosse formée par les côtes. On parle de scoliose lorsque l’angle de déviation latérale de la colonne vertébrale est supérieur à 10 degrés. Cette déformation plus ou moins sévère, qui atteint 3 à 4 % des enfants, dont trois sur quatre sont des filles, est dans 70 % des cas d’origine inconnue. On sait néanmoins qu’il peut y avoir un facteur héréditaire. Si l’un des parents a une scoliose, les risques sont dix fois plus importants chez l’enfant. De même, si un enfant est atteint, il faudra surveiller le dos de ses frères et sœurs.

A contrôler pendant la croissance

Une scoliose peut apparaître dès la naissance ou survenir à tout âge, jusqu’à la fin de la maturité osseuse (13-15 ans), mais « le moment où il faut rester particulièrement vigilant est la période prépubertaire, vers 10 ans environ pour les filles et 13 ans chez les garçons », précise le professeur Jérôme Sales de Gauzy, responsable de l’équipe de chirurgie orthopédique, traumatologique et plastique de Purpan, l’hôpital des enfants de Toulouse.
Les poussées de croissance liées à la puberté sont des périodes critiques pendant lesquelles la scoliose est susceptible de s’aggraver. Heureusement, toutes les scolioses ne sont pas évolutives. Pour Léa, c’est lors de la visite médicale des 12 ans, au collège, qu’une scoliose a été diagnostiquée, pendant un pic de croissance. Celle-ci s’est stabilisée selon un angle de 23 degrés, et Léa n’a eu que quelques séances de kiné.

Un dépistage facile chez le jeune enfant

Les parents peuvent éventuellement déceler une asymétrie du dos chez leur enfant en le faisant se pencher en avant, torse nu, mains jointes entre les genoux. Un autre signe est la présence d’une « lucarne » que l’on peut observer en demandant au jeune de se tenir debout, les pieds joints et les bras relâchés le long du corps : si un espace en forme de triangle est visible entre le corps et l’un des bras, c’est le signe d’une scoliose*. Le professeur Sales de Gauzy recommande toutefois de s’en remettre au médecin généraliste, bien plus apte à détecter ce symptôme, d’autant qu’« à partir des 10 ans de l’enfant, les parents ont moins l’occasion de voir son dos ».

Traiter le plus tôt possible

Si la surveillance montre une aggravation de la courbure, un traitement par corset est alors prescrit. Ce dernier agit comme un tuteur et permet de limiter l’évolution de la déformation de la colonne. Encore faut-il qu’il soit bien accepté par l’enfant. « Le dépistage précoce permet de suivre l’évolution d’une scoliose, explique le professeur Sales de Gauzy. Il présente l’avantage de mettre en place un traitement qui sera moins contraignant et plus efficace. L’enfant portera son corset à temps partiel, quand il sera à la maison. » Plus le patient sera jeune et mieux il l’acceptera. « Nous avons beaucoup plus d’échecs, de renoncements au traitement avec les ados », reconnaît le spécialiste.

* Voir la vidéo réalisée par la Fondation Yves Cotrel (Institut de France) sur Fondationcotrel.org, rubrique « La recherche », puis « Comment dépister une scoliose ».

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