Des dentifrices pas si bons pour la santé

, par  Enrique Moreira

Une étude menée sur différentes marques de dentifrices révèle que plus de la moitié des 300 produits analysés obtiennent une note moyenne en matière de santé. Ce chiffre tombe à 30 % en ce qui concerne l’environnement.

Le brossage des dents est recommandé trois fois par jour, mais encore faut-il savoir avec quoi on se les lave ! Si l’on en croit l’étude menée par Noteo, une association indépendante qui réunit des experts scientifiques et qui compare des produits du quotidien selon plusieurs critères (santé, environnement, social et budget), les dentifrices ne sont pas aussi bons qu’il n’y paraît, pour l’homme comme pour la nature.

Des perturbateurs endocriniens

Sur plus de 300 produits étudiés, 60 % obtiennent ainsi une note inférieure à 5/10 en matière de santé. Ce chiffre tombe à 30 % en ce qui concerne la protection de l’environnement. En cause : le triclosan et le fluor, deux perturbateurs endocriniens présents dans de nombreux dentifrices. A trop forte dose, ils sont susceptibles, notamment, de dérégler le fonctionnement de la thyroïde.
Par ailleurs, si le triclosan est présent en quantité raisonnable dans certains dentifrices, on le retrouve également dans d’autres produits d’hygiène de la vie courante, tels que les déodorants. Et gare à l’effet cocktail : l’addition des deux présente « un risque significatif ». C’est en tout cas ce que signale une étude menée par l’association de consommateurs UFC-Que choisir et publiée en avril dernier.

Mauvais pour l’environnement

Le fluor, dont l’efficacité contre l’apparition des caries est régulièrement remise en cause, est également soupçonné de nuire au développement de l’enfant. En cas de surdosage, il peut provoquer une fluorose dentaire (l’apparition de taches blanchâtres ou jaunes sur les dents). Or, il est difficile de l’éliminer de nos vies : Noteo attire l’attention sur le fait qu’on le retrouve souvent dans l’eau du robinet, les stations d’épuration n’arrivant pas à le filtrer totalement.
C’est aussi le cas du limonène, un parfum utilisé dans de nombreux cosmétiques, dont l’étude montre qu’il est présent dans 70 % des dentifrices examinés. S’il n’est pas interdit, il est tout de même qualifié de « très toxique » pour l’environnement par les autorités européennes.

Des solutions alternatives

Sans céder à la panique (aucune étude à ce jour n’a révélé la mort d’une personne par excès de dentifrice), il existe tout de même des solutions alternatives. Les experts de Noteo recommandent par exemple d’acheter des dentifrices labellisés. Les labels (Cosmébio, Nature et Progrès, Ecocert...), sans coûter véritablement plus cher, ont en effet des exigences plus grandes vis-à-vis des dosages de ces molécules dans la composition des produits d’hygiène. Il est aussi possible de demander à son dentiste quels dentifrices ne contiennent pas de fluor et de triclosan. Enfin, Noteo appelle les pouvoirs publics à renforcer la législation relative à la fabrication de ces produits, notamment en ce qui concerne l’affichage des compositions.

Sources
- « Faut-il avoir une dent contre son dentifrice », Coline Emmel, Alternatives économiques, juillet-août 2013.
- « Cosmétiques et perturbateurs endocriniens : 66 produits analysés », enquête de l’association de consommateurs UFC-Que choisir, 26 mars 2013.

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