Démence : recommandations de l’OMS pour réduire les risques

, par  Vincent Portois

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de présenter de nouvelles recommandations pour réduire les risques de ce syndrome en forte hausse.

Dans le langage populaire, on parle généralement de « folie » pour évoquer la démence, cet ensemble de troubles mentaux graves. D’ici 2050, selon les prévisions de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de cas devrait même tripler... Ce problème de santé publique touche aujourd’hui dans le monde 50 millions de personnes et entre 5 et 8 % des personnes âgées de 60 ans et plus sont atteintes de démence à un moment donné. Et cela est dû en grande majorité à la maladie d’Alzheimer, cause la plus courante de ce syndrome, à l’origine de 60 à 70 % des cas. Pour le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, « nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour réduire le risque de survenue de la démence. Les données scientifiques rassemblées en vue de l’élaboration de ces lignes directrices confirment ce que nous soupçonnons depuis un certain temps, à savoir, que ce qui est bon pour notre cœur l’est aussi pour notre cerveau ». A la lecture du communiqué, on comprend bien que beaucoup de facteurs de risques de démence peuvent être modifiés et ce de notre fait... Même si la vieillesse n’aide pas au déclin cognitif, l’OMS insiste en effet sur le fait que « la démence n’est pas une conséquence naturelle ou inévitable de la vieillesse ». Elle appelle donc à la mise en œuvre réelle d’une stratégie publique pour prévenir la maladie car les clés d’un bon vieillissement neurologique sont bien là. Tout le monde a à y gagner, que ce soit au niveau de la santé, avant tout, mais aussi financièrement car l’OMS rappelle que des coûts supplémentaires sont à mettre sur le compte des familles et des gouvernements, voire même aboutir à une productivité moindre. En 2015, « le coût social global de la démence était estimé à 818 milliards de dollars dans le monde, soit 1,1% du Produit intérieur brut (PIB). Il devrait s’élever à 2.000 milliards de dollars en 2030 ».

Développer la prévention

Avant d’arriver à une perte d’autonomie intellectuelle et physique, il s’agit de combattre les causes en développant la prévention. Les règles sont basiques, et permettent d’éviter certains autres troubles (obésité, diabète, hypertension…) accroissant également la démence. Le style de vie est indissociable du risque de déclin cognitif et de démence. L’OMS préconise donc le plus possible de faire de l’activité physique, de ne pas fumer, ne pas boire d’alcool, de bien contrôler son poids et de privilégier une alimentation saine. Et pour éviter l’apparition de la maladie d’Alzheimer, ennemie principale de la démence, le cerveau doit toujours être stimulé intellectuellement et socialement. Gouvernements et prestataires de soins et de santé doivent aussi se pencher sur les nouvelles lignes directrices prodiguées par l’organisation. Les premiers auront à disposition « un outil précieux qui les guidera dans l’élaboration des politiques et la conception de programmes visant à encourager des modes de vie sains  » tandis que les autres pourront « conseiller les patients sur les pratiques à adopter ».

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