Covid-19 : pas de vaccination généralisée avant mi-2021 selon l’OMS

, par  Léa Vandeputte

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) veut être certaine que le futur vaccin contre le coronavirus protège vraiment et qu’il est sans risque avant sa diffusion à grande échelle. Celle-ci ne devrait pas commencer avant le milieu de l’année prochaine.

L’OMS ne s’attend pas à une vaccination généralisée contre la Covid-19 avant la mi-2021, a-t-elle indiqué lors d’une conférence qui s’est déroulée le vendredi 4 septembre. L’organisation « ne cautionnera pas » un vaccin si ce dernier n’est pas sûr et efficace, a précisé son directeur général, le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus. « Nous avons un bon nombre d’entre eux qui sont prometteurs, a-t-il ajouté. Ils ne seront utilisés que lorsqu’il aura été établi qu’ils sont efficaces et sûrs, c’est ce que je voudrais assurer au monde. »

L’accessibilité du vaccin : un enjeu majeur

L’objectif pour l’OMS est également de proposer un vaccin qui soit accessible dans tous les pays. « À mesure que la production augmentera, nous voulons que tous les gens, partout dans le monde, aient accès aux vaccins, a expliqué son directeur général. Mais au départ, lorsque l’offre est limitée, la priorité doit être donnée à la vaccination des travailleurs essentiels et des personnes les plus à risque, y compris les personnes âgées et celles souffrant de maladies sous-jacentes. En d’autres termes, la priorité des priorités doit être de vacciner certaines personnes dans tous les pays, plutôt que toutes les personnes dans certains pays. Il ne s’agit pas seulement d’un impératif moral et de santé publique, mais également économique. Dans notre monde interconnecté, si les habitants des pays à faibles et moyens revenus ne sont pas vaccinés, le virus continuera à tuer et la reprise économique sera retardée. » Pour les nombreux pays qui ne disposent pas des ressources permettant de mettre au point leurs propres vaccins, l’OMS a ainsi créé le dispositif Covax d’accès mondial au vaccin. Ce dernier soutient neuf candidats vaccins, dont sept sont en cours d’essais cliniques.

Plusieurs laboratoires dans la course

Partout, les recherches sur les candidats vaccins vont bon train. Plusieurs sont déjà entrés dans la phase 3 – celle des tests sur des volontaires – des essais cliniques, mais il va encore falloir du temps pour valider leur efficacité. De leur côté, les dirigeants d’entreprises pharmaceutiques se sont engagés à « ne rogner sur rien » et à respecter les normes de sécurité malgré les pressions pour obtenir un résultat rapide. C’est le cas notamment aux États-Unis, où le président Donald Trump a annoncé à la fin du mois d’août qu’un vaccin serait disponible dans le pays dès cette année. Mais cette promesse semble malgré tout difficile à tenir. En attendant, « la bonne nouvelle, c’est que les fabricants font déjà des paris sur celui qui sera probablement le vaccin, et qu’ils réfléchissent à la manière dont ils pourront augmenter la production de vaccins une fois que nous saurons lequel sera utilisé », a souligné Margaret Harris, la porte-parole de l’OMS.

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