Covid-19 : un traitement préventif quand le vaccin est inefficace

, par  Isabelle Coston

Un traitement préventif pourra être prescrit à certains patients peu, voire pas réceptifs au vaccin contre la covid-19.

Certaines personnes sont moins réceptives au vaccin contre la covid-19 que d’autres. Leur organisme produit, en réaction, peu d’anticorps, et reste donc plus vulnérable face au risque de contamination. Afin de mieux les protéger du virus, la Haute Autorité de santé (HAS) vient d’autoriser un traitement par anticorps, administrable en prévention.

Une prescription sous conditions

La HAS a donc « donné son feu vert à l’utilisation d’Evusheld® (tixagévimab-cilgavimab) en prophylaxie préexposition pour des patients à très haut risque de forme sévère de Covid-19 qui sont mal ou pas protégés par la vaccination et ceux qui n’y sont pas éligibles », a-t-elle annoncé vendredi 11 décembre dans un communiqué.
L’autorité sanitaire a également précisé que ce traitement, développé par le laboratoire AstraZeneca, était produit à base d’anticorps de synthèse. Il combine deux molécules, tixagévimab et cilgavimab, et s’administre par injection intramusculaire tous les six mois. « Son efficacité est obtenue 14 jours après son administration, pendant lesquels le patient n’est pas encore protégé », avertit la HAS.
Contrairement à d’autres traitements à base d’anticorps donnés à certains patients hospitalisés pour éviter que leur état ne s’aggrave, celui-ci est censé agir à titre préventif, comme le ferait un vaccin. Outre les personnes dont l’organisme réagit peu au vaccin, l’Evusheld s’adresse aussi à celles qui ne sont pas éligibles à la vaccination pour des raisons médicales, notamment parce qu’elles risquent d’importantes réactions allergiques.
Aux États-Unis, les médecins viennent d’être autorisés à prescrire l’Evulshed aux personnes courant un risque élevé de forme grave de covid-19 dès l’âge de 12 ans. En France, les autorités sanitaires restent plus prudentes, puisqu’elles en limitent l’usage aux majeurs.

Des risques identifiés

Si la HAS autorise l’accès précoce à ce médicament, c’est en raison d’une efficacité d’ores et déjà établie. « Les résultats de l’étude PROVENT montrent qu’Evusheld® réduit l’incidence des cas d’infections symptomatiques au SARS-CoV-2 d’environ 80 % et apporte une durée de protection d’au moins 6 mois après l’administration d’une dose unique (de 300 mg) de cette association d’anticorps monoclonaux », précise-t-elle, avant de souligner qu’en raison de son mode d’administration par injection, il était « particulièrement adapté à un usage en ambulatoire ».
La HAS émet cependant une réserve : « Concernant un risque cardiovasculaire identifié lors des essais cliniques, il n’est pas recommandé d’administrer Evusheld® en prophylaxie préexposition aux personnes ayant au moins deux facteurs de risque cardiovasculaire (dyslipidémie, diabète, obésité, hypertension, tabagisme, âge avancé...). » Or l’obésité ou le diabète, par exemple, sont malheureusement connus pour être des facteurs aggravants de la covid-19.
L’autorité sanitaire invite par ailleurs les patients traités, notamment ceux qui ont des antécédents cardiovasculaires, à surveiller l’éventuelle apparition d’un symptôme cardiovasculaire afin de consulter un professionnel de santé le cas échéant.
« Les professionnels de santé doivent quant à eux être vigilants sur ce point dans le suivi de leurs patients qui ont reçu ce traitement », prévient-elle, tout en rappelant que « ce traitement n’est pas destiné à être utilisé comme substitut de la vaccination et que la mise en œuvre des traitements par anticorps monoclonaux ne dispense pas les patients du respect des mesures barrières ».

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