Les conséquences de la « deuxième vague » sur la santé mentale

, par  Isabelle Coston

D’après Santé publique France, la santé mentale des Français s’est « significativement » dégradée entre fin septembre et début novembre.

L’aggravation de la crise sanitaire, accompagnée de son lot de mauvaises nouvelles, ainsi que l’absence de perspectives heureuses à court terme ont fini par avoir raison du moral d’une bonne partie de la population.
Santé publique France, qui à travers l’enquête CoviPrev surveille l’évolution des comportements des Français (gestes barrières, confinement, consommation d’alcool et de tabac, alimentation et activité physique) et de leur santé mentale (bien-être, troubles), relève une forte hausse des troubles dépressifs face à la deuxième vague de l’épidémie et au reconfinement. Dans son bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) publié jeudi, l’autorité sanitaire note en effet une augmentation de 10 points en à peine plus d’un mois. Alors que ces troubles concernaient 11 % des Français fin septembre, 21 % d’entre eux en souffrent début novembre, soit le double.

Les jeunes et les précaires les plus touchés par la dépression

C’est chez les 18-24 ans (+ 16 points) et les 25-34 ans (+ 15) que la hausse est la plus nette, ainsi que chez les inactifs (+ 15) et les personnes déclarant une situation financière très difficile (+ 14).
Pour ces dernières, le reconfinement est particulièrement cruel. Lors du dernier relevé réalisé entre le 4 et le 6 novembre, les personnes déclarant une situation financière très difficile se disaient pour 35 % en état dépressif, contre 14 % pour celles déclarant une bonne situation financière.

Comment ne pas sombrer dans le marasme ?

Santé publique France observe également entre fin août et début novembre « une augmentation continue et globalement significative des états anxieux (+ 3) ainsi qu’une diminution de la satisfaction de vie (- 4 points) ».
Les troubles anxieux ont augmenté moins vite que les états dépressifs. Enguerrand Du Roscoät, responsable de l’unité Santé mentale au sein de la Direction de la prévention et de la promotion de la santé de Santé publique France, l’expliquait ainsi le 5 novembre dernier : « Le fait que la crise dure, que l’on a du mal à en voir l’issue joue peut-être davantage sur les troubles dépressifs plutôt que sur les troubles anxieux, qui ont davantage un rôle d’alerte. »

Prendre soin de soi et des autres
« La situation actuelle est difficile et on peut facilement se sentir stressé, anxieux ou déprimé », concède l’institution, qui conseille, pour prendre soin de soi, de :
- rester en lien et parler avec son entourage,
- aider ceux qui en ont besoin,
- ne pas écouter les informations toute la journée,
- organiser ses journées si l’on est confiné,
- limiter la consommation d’alcool et de tabac,
- prendre soin de sa santé.
De plus, un numéro national gratuit, le 0 800 130 000, est à la disposition de tous ceux qui souhaitent obtenir des renseignements sur l’épidémie de Covid-19. Il est disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

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