Covid-19 : les pharmacies peuvent pratiquer des tests sérologiques rapides

, par  Isabelle Coston

Les pharmacies peuvent désormais réaliser des tests de diagnostic rapides pour savoir si une personne a déjà été contaminée par le SARS-CoV-2 dans le passé.

Un arrêté publié le samedi 11 juillet au Journal officiel autorise, « à titre exceptionnel » et jusqu’au 30 octobre 2020, les pharmaciens d’officine à effectuer des tests rapides d’orientation diagnostique (Trod). Ceux-ci indiquent si l’organisme a déjà fabriqué des anticorps contre le SARS-CoV-2, et donc si le patient a été exposé au nouveau coronavirus par le passé. Jusqu’à présent, seuls les laboratoires d’analyses médicales, en ville ou à l’hôpital étaient habilités à les pratiquer. Une liste des 51 tests de ce type autorisés a été publiée par le ministère des Solidarités et de la Santé.

Détecter une exposition au virus dans le passé

A ne pas confondre avec les tests virologiques qui nécessitent d’introduire un écouvillon (coton-tige) dans le nez pour détecter la présence de germes infectieux, ces tests Trod consistent à prélever une goutte de sang en piquant la peau, généralement au bout du doigt, puis à la mettre en contact avec un réactif. Le résultat apparaît au bout de cinq à quinze minutes seulement. S’il est positif, cela signifie que l’on a déjà été exposé au virus au cours des dernières semaines, avec ou sans symptômes, et que l’on a développé (ou que l’on est en train de développer) une réponse immunitaire. Un test négatif ne veut pas dire de façon certaine que l’on n’est pas contagieux. Quant au prix du test, il n’est pas encadré par la loi et n’est pas pris en charge par l’Assurance maladie.

Confirmer la trace d’une réponse immunitaire

Le résultat devra toutefois être confirmé par une analyse sanguine en laboratoire de biologie, qui permettra d’évaluer le degré de réponse immunitaire. Il pourra éventuellement être complété par un test virologique (RT-PCR) afin de vérifier si le virus est toujours présent dans l’organisme et, donc, si l’on risque ou pas de contaminer d’autres personnes. Certains Trod ne détectent que les anticorps IgG (pour immunoglobulines G), qui se forment au minimum quatorze jours après avoir été en contact avec le coronavirus, tandis que d’autres indiquent aussi la présence d’IgM (immunoglobulines M), produites plus tôt, qui peuvent être détectées une semaine environ après l’infection.
Alors que les pharmaciens attendaient depuis un certain temps cette autorisation, les syndicats et Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom), eux, ont émis un avis défavorable sur cette mesure. Ils ont en effet souligné, dans un communiqué commun daté du 15 juillet, « les difficultés d’utilisation [ainsi que] la complexité de l’interprétation des résultats de ces tests sérologiques ».

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