Covid-19 : le point sur les tests

, par  Léa Vandeputte

La stratégie de déconfinement commencée le 11 mai repose sur le dépistage systématique du coronavirus. Mais si de nombreux tests existent, tous ne se valent pas. Alors pour s’y retrouver, la Haute autorité de santé (HAS) a émis une liste de recommandations.

La HAS s’est prononcée, dans un avis publié le mercredi 20 mai, sur la qualité des tests sérologiques de dépistage du Covid-19 et sur leurs indications. La veille, le ministre de la Santé, Olivier Véran, avait annoncé le remboursement de ces tests. Initialement destinés en priorité aux personnels soignants – conformément à un premier avis de l’autorité publié le 2 mai (lire notre article) –, ils seront accessibles à toutes les personnes symptomatiques ayant une ordonnance.

Les tests sérologiques

Il existe différents types de tests sérologiques, mais tous reposent sur le même principe : ils détectent la présence d’anticorps dans le sang et permettent de déterminer si la personne a été en contact avec le virus. Deux d’entre eux sont jugés fiables par la HAS : les tests Elisa, réalisés à partir d’une prise de sang et analysés en laboratoire ; et les tests diagnostiques rapides (TDR) en laboratoire là encore – une goutte de sang est prélevée sur le doigt grâce à une pipette, puis déposée sur un réactif et le résultat apparaît en une dizaine de minutes. Elle préconise de les utiliser, uniquement sur prescription, pour les personnels soignants, pour les personnes qui ont eu des symptômes mais qui n’ont pas réalisé de test virologique ou dont le résultat était négatif, pour les personnels des lieux d’hébergement collectifs (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), prisons, résidences universitaires…). Toutefois, « quel que soit le test sérologique, il subsiste pour l’instant une incertitude : la présence d’anticorps garantit-elle une protection, une immunité, contre le virus (et si c’est le cas, sous quelles conditions et pour combien de temps) ? », précise la HAS avant d’ajouter : « Le recul ne permet pas à ce jour de l’affirmer avec certitude. »

Les tests virologiques

Les tests virologiques, appelés aussi RT-PCR, cherchent quant à eux à détecter la présence du virus. Ils sont effectués grâce à un prélèvement nasal. L’échantillon de mucus est ensuite analysé par un laboratoire. Ce sont pour l’instant ces tests qui sont principalement effectués auprès des personnes présentant un risque de contamination élevé avec des symptômes du Covid-19 (sur prescription médicale) ou qui ont été identifiées comme des « cas contacts ». Ils sont pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie.

Les tests d’orientation

Les tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) peuvent être réalisés par tout professionnel de santé (médecins, sages-femmes, infirmières, pharmaciens…) en cabinet médical, en officine ou encore à domicile. Dans un avis publié le 18 mai, la HAS recommande « leur utilisation dans un champ plus restreint que les TDR et tests automatisables : pour les personnels soignants et d’hébergement collectif et pour les patients symptomatiques sans signes de gravité s’ils présentent des difficultés d’accès à un laboratoire de biologie médicale, mais pas à l’hôpital ». Comme leur nom l’indique, les TROD permettent d’orienter vers un diagnostic mais pas de le poser incontestablement. « De ce fait, ils ne peuvent se substituer aux examens de biologie médicale réalisés en laboratoire, indique l’autorité. Il est nécessaire après un TROD positif de confirmer le résultat par un test sérologique Elisa ou TDR – tests de référence. »

Les autotests

Dernier outil de diagnostic, l’autotest est pratiqué par le patient lui-même. La HAS a identifié « deux freins majeurs » à son développement : « Tout d’abord, elle a constaté qu’il existe à ce jour très peu de données scientifiques sur les performances des autotests pour le diagnostic du Covid-19 en vie réelle. A cette incertitude sur la fiabilité de ces tests, s’ajoute une difficulté d’utilisation : si la réalisation du prélèvement est simple (le patient le réalise seul, à domicile, en se piquant le bout du doigt), il n’en est pas de même pour la lecture et l’interprétation du résultat. Sans accompagnement, le patient prend le risque de tirer des conclusions erronées de ce test. » Puis, elle conclut : « Compte tenu de ces éléments, la HAS considère qu’il est prématuré de recommander l’utilisation des autotests sérologiques pour le diagnostic du COVID-19 à ce jour. »

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