Coucher bébé sur le dos n’augmente pas le risque de tête plate

, par  Delphine Delarue

A l’occasion de la Semaine de la prévention nationale de la mort inattendue du nourrisson (MIN), des pédiatres lyonnais rappellent que le couchage des bébés sur le dos n’augmente pas le risque de plagiocéphalie. Cette pratique est aussi la plus efficace pour prévenir la mort subite du nourrisson.

Contrairement à ce qu’ont affirmé plusieurs associations de parents cet été, coucher son bébé sur le dos n’augmente pas le risque de plagiocéphalie ou tête plate. C’est le message martelé par l’équipe de pédiatres de l’hôpital Femme Mère Enfant des Hospices Civils de Lyon (HCL) dans un communiqué publié à l’occasion de la Semaine de prévention nationale de la mort inattendue du nourrisson (MIN), débutée le 19 septembre. « Certains expliquent que le couchage sur le dos serait la cause directe de l’augmentation des cas d’aplatissement du crâne, s’indigne Béatrice Kugener, responsable du Centre de référence de la mort inattendue du nourrisson-HCL. Il est même proposé aux parents de coucher leur nourrisson sur le côté avec un cale-bébé, et donc de le mettre délibérément dans une position dangereuse qui augmente singulièrement le risque de mort inattendue par basculement, puis par étouffement. » D’après les recommandations officielles, seule la position allongée sur le dos (sur un matelas ferme et avec une turbulette à la bonne taille) préserve le bébé des risques de décès prématuré. Selon l’Assurance maladie, l’adoption de cette pratique par les parents a permis de réduire de 75 % le taux de mort subite du nourrisson entre 1991 et 1997. De son côté, l’Institut de veille sanitaire (InVS) affirme, dans une enquête menée entre 2007 et 2009, que 100 à 150 bébés pourraient être sauvés chaque année si tous les parents respectaient la méthode de couchage sur le dos.

Les positions à privilégier pendant l’éveil

Relativement fréquente, la plagiocéphalie positionnelle, qui peut avoir des répercussions sur la statique vertébrale et faciale, puis entraîner des douleurs chroniques cervicales, dorsales ou lombaires voire, des troubles visuels, est souvent congénitale. Elle est aussi favorisée par un poids élevé du bébé, un retard psychomoteur ou une grossesse gémellaire. Cette déformation passe le plus souvent inaperçue à la naissance et tend à s’aggraver dans les premiers mois de vie, notamment, il est vrai, à la faveur d’un couché dorsal prolongé. « C’est la raison pour laquelle il faut, d’abord, prévenir toute déformation en évitant d’installer le bébé dans de mauvaises positions pendant l’éveil », prévient le professeur Di Rocco, neurochirurgien à l’hôpital Femme Mère Enfant-HCL. Les pédiatres rappellent notamment que le matériel « spécial bébé » (siège auto en dehors de la voiture, transat, balancelle, cocon), largement utilisé, « contraint l’enfant à adopter telle ou telle position, ce qui l’empêche de bouger naturellement ». Le bébé a besoin d’un environnement qui favorise l’activité motrice, comme c’est le cas avec les tapis d’éveil ou les jeux au sol. On peut également stimuler sa rotation cervicale lors des soins ou du repas.

SUR LE MÊME SUJET

DOSSIERS

Santé au travail Prévenir les risques professionnels

La récente intensification du travail induit de nouvelles formes d’organisation qui ne sont pas sans risques sur la santé physique et mentale des salariés. Ces contraintes se traduisent essentiellement par une augmentation des troubles musculo- squelettiques (TMS) et des pathologies psychiques au (...)

Surveiller sa santé grâce aux objets connectés

Depuis l’apparition des podomètres « intelligents », nombreuses sont les personnes qui consultent régulièrement leur Smartphone pour savoir combien de pas elles ont faits dans la journée. Les objets connectés, très populaires, ont donné une deuxième jeunesse à la prévention en apportant un aspect ludique (...)

Autisme : Quelle prise en charge aujourd’hui en France

Manque de structures adaptées et d’informations, faible coordination entre les différents intervenants, discours contradictoires de professionnels, absence d’interlocuteur unique au sein du système de soins… En France, malgré trois plans Autisme successifs, la prise en charge de ce trouble reste (...)

Plastiques, cosmétiques, alimentation…

Les perturbateurs endocriniens font désormais partie de notre environnement quotidien. Problème : ces molécules sont rendues responsables de malformations génitales, de pubertés précoces et de diminution de la fertilité. On les soupçonne également de jouer un rôle dans le développement de l’obésité, du (...)

ARTICLES RÉCENTS