Les cotisations mutualistes augmentent en moyenne de 2,6 % en 2021

, par  Delphine Delarue

Selon une étude réalisée par la Mutualité française auprès de ses mutuelles adhérentes, les cotisations mutualistes connaissent une hausse moyenne de 2,6 % cette année par rapport à 2020. Une augmentation qui suit l’évolution des dépenses de santé depuis 10 ans.

En 2021, la hausse moyenne des cotisations mutualistes s’établit à 2,6 % par rapport à 2020. C’est ce que nous apprend une enquête menée par la Mutualité française auprès de 32 de ses mutuelles adhérentes couvrant 13,9 millions de personnes en complémentaire santé. Une évolution qui « s’inscrit dans l’augmentation moyenne annuelle des dépenses de santé des mutuelles observée sur les dix dernières années, précise la Mutualité dans un communiqué publié le 21 janvier. Cette étude constate également que parmi les mutuelles participantes, une sur cinq n’augmente pas ses cotisations en 2021. »

Pour rappel, la consommation de soins et de bien médicaux s’élève à 208 milliards d’euros en 2019. « Elle progresse de + 2,1 % contre + 1,6 % en 2018 du fait de l’évolution des soins hospitaliers, explique le communiqué. Les mutuelles, qui prennent en charge 6,5 % des dépenses de santé, ont ainsi vu leurs prestations s’établir en 2019 à 14 milliards d’euros, contre 5 milliards pour les institutions de prévoyance et 9 milliards pour les sociétés d’assurances privées. »

Rattrapage des soins


Pour la Mutualité française, la hausse des cotisations de 2,6 % s’explique par celle des dépenses de santé estimées pour 2021, qui seront amplifiées par un rattrapage des soins lié à l’impact de la crise sanitaire (en 2020, de nombreux Français ont reporté leurs soins à cause de l’épidémie de la Covid-19 et des confinements).

La hausse tient également compte du fait que les économies réalisées par les mutuelles en 2020 grâce à la diminution des soins de ville (et donc de leurs remboursements aux adhérents) « ont été compensées par la taxe mise en place par le gouvernement », note le communiqué. Cette « taxe Covid » imposées aux complémentaires santé atteint 1,5 milliard d’euros à régler d’ici 2022. 


Malgré ce contexte, Albert Lautman, directeur général de la Mutualité française, souligne que « les mutuelles mettent tout en œuvre pour limiter les évolutions des cotisations des Français, dans la limite des règles prudentielles et comptables exigées par l’Union européenne ».

Augmentation des remboursements aux adhérents

Selon Albert Lautman, ces efforts continus s’illustrent notamment par le retour sur cotisations aux adhérents : en 10 ans, les organismes de complémentaire santé ont augmenté leurs remboursements de 29 %. « En 2019, les mutuelles ont reversé à leurs adhérents 79 % de leurs cotisations (hors taxes) sous forme de prestations (hors frais de gestion des sinistres), plaçant leur retour sur cotisations devant celui des sociétés d’assurances (75 %) », explique la Mutualité.

Elle ajoute également que, pour la deuxième année consécutive, « les mutuelles ont vu leurs frais de gestion baisser (de 1,4 % en 2019) ». Et la Mutualité de rappeler que, pour l’ensemble des organismes de complémentaire santé, « la part des cotisations couvrant les charges de gestion s’établit à 20 % alors qu’elle descend à 19 % pour les mutuelles »

Les mutuelles toujours majoritaires dans le domaine de l’assurance santé

L’étude nous apprend en outre que les mutuelles restent majoritaires sur le marché de l’assurance santé. Si elles représentent 50 % des cotisations collectées en 2019, la santé représente 85 % de leur chiffre d’affaires (49 % pour les institutions de prévoyance et 6 % pour les sociétés d’assurances privées). « En 2019, sur les 698 organismes exerçant une activité d’assurance (712 en 2018), 439 exercent une activité de complémentaire santé en France dont : 310 mutuelles (80 % des mutuelles), 103 sociétés d’assurances (40 % des sociétés d’assurances) et 26 institutions de prévoyance (80 % des institutions de prévoyance) », précise la Mutualité française.

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