La contraception, aussi au masculin

, par  Enrique Moreira

Voilà une pilule qui semble un peu difficile à avaler : 61 % des hommes affirment, dans un sondage CSA réalisé en 2012, qu’ils seraient prêts à utiliser une pilule contraceptive si elle existait. Et c’est là le message que cherchent à diffuser le Planning familial et l’Association pour la recherche et de développement de la contraception masculine (Ardecom) : « Oui, la contraception masculine existe aujourd’hui en France. » Tour d’horizon des solutions possibles.

Le message de la campagne de communication du Planning familial et de l’Association pour la recherche et le développement de la contraception masculine (Ardecom) est simple : il existe, en France, différentes méthodes pour un homme de gérer sa fertilité. Ces alternatives sont souvent méconnues et peuvent paraître quelquefois surprenantes, mais elles sont tout aussi efficaces que les contraceptifs prescrits aux femmes.

Différentes méthodes

La plus connue d’entre elles est probablement la vasectomie, qui consiste à sectionner les canaux déférents transportant les spermatozoïdes. Cela ne change en rien l’érection ou l’éjaculation. Cette intervention – plus une stérilisation qu’une contraception, vu son caractère irréversible – est plus populaire outre-Manche et outre-Atlantique, où 15 % à 20 % des hommes y ont déjà eu recours, contre seulement 0,5 % des Français. Elle est pourtant autorisée en France depuis 2001.
Plus originale, mais pas définitive, la contraception thermique : mise au point dans les années 80, elle consiste à porter un sous-vêtement serré pour faire monter la température et diminuer ainsi la production de spermatozoïdes. Une méthode qui ne séduit pas vraiment. Elle n’est d’ailleurs prescrite qu’au CHU de Toulouse.
Enfin, le moyen contraceptif masculin qui se rapprocherait le plus de la pilule féminine est la contraception hormonale. Un traitement régulier qui diminue, là encore, la production de spermatozoïdes en envoyant une vraie-fausse dose de testostérone au cerveau. Ce dernier arrête alors d’en commander la production aux testicules. Seulement, dans ce cas, il ne s’agit pas d’avaler un comprimé, mais de subir des injections hebdomadaires. Problème : la « pilule masculine » n’a toujours pas reçu d’autorisation de mise sur le marché (AMM).

Des freins psychologiques

Le plus grand obstacle à la contraception masculine reste cependant les hommes et les femmes. « Le problème n’est pas que médical, a expliqué Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du Planning familial, au quotidien Libération. Limiter la capacité reproductive des hommes fait peur : cela questionne leur rôle, celui des femmes, la fertilité, la virilité. » Par ailleurs, de l’avis de toute la rédaction (quasi exclusivement féminine), nombreuses seraient les femmes à ne pas faire confiance à un homme quant à sa capacité à prendre au sérieux sa contraception.
Rappelons également que ces contraceptifs ne protègent pas contre les infections sexuellement transmissibles (IST) : le préservatif reste toujours de mise.

Sources
- « La contraception masculine : et si on essayait »,Planning-familial.org, 6 novembre 2013.
- « La pilule masculine contraceptive existe-t-elle ? », du docteur Jean-Claude Soufir, Sante.lefigaro.fr, 4 mars 2013.
- « Vers une pilule contraceptive masculine », de Sandrine Cabut, Lemonde.fr, 19 août 2012.

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