Beaucoup moins de cas de contamination aux virus hivernaux cette année


, par  Delphine Delarue

Cet hiver, les médecins et les réseaux de surveillance sanitaire constatent un effondrement du nombre de cas de grippe, de bronchiolite ou de gastro-entérite par rapport aux données de l’an passé. Un phénomène inédit, qui s’expliquerait essentiellement par la généralisation du réflexe des gestes barrières au sein de la population.

Les chiffres de Santé publique France et du réseau de veille sanitaire Sentinelles en attestent : cette année, les virus hivernaux comme la grippe ou la gastro-entérite sont très peu présents. D’après le bulletin hebdomadaire publié par Santé publique France le 30 décembre, « depuis le 5 octobre 2020, aucun cas grave de grippe n’a été signalé ».

L’agence précise que, contrairement aux années précédentes à la même période, il n’y a « pas de circulation active des virus grippaux identifiée par les réseaux de surveillance dédiés » en métropole. « Seuls 11 virus grippaux ont été détectés (10 en milieu hospitalier et un par le réseau Sentinelles) dans différentes régions, dont au moins deux chez des personnes de retour d’un voyage à l’étranger ». La situation est encore plus parlante en Outre-mer, où aucun virus grippal n’y a été signalé ces dernières semaines. 


Succès de la campagne de vaccination contre la grippe


Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. Tout d’abord, pour éviter la saturation des services hospitaliers en pleine épidémie de Covid-19, les Français ont cette année été fortement incités à se faire vacciner contre la grippe saisonnière.

Beaucoup ont joué le jeu, en particulier les plus fragiles. Mi-novembre, 10 millions de personnes s’étaient déjà fait vacciner, soit autant que durant toute la saison de 2019-2020 (sur trois mois et demi). Une véritable ruée vers les vaccins, qui a un moment fait craindre des ruptures de stocks dans les pharmacies. 


Autre explication : le respect des gestes barrières, avec le port du masque, le lavage des mains et la distanciation physique. Enfin, le deuxième confinement, même allégé, a logiquement permis de limiter les interactions sociales et donc les risques de contagion.

Bronchiolites et gastros quasi absentes

Dans son bulletin du 23 décembre, Santé publique France souligne également l’absence de circulation du virus de la bronchiolite sur le territoire métropolitain. Même si « une légère augmentation des passages aux urgences » était constatée les jours précédents, « les effectifs restent faibles et très inférieurs à ceux observés la même semaine des années précédentes », note l’agence.

« Du jamais-vu » pour Isabelle Claudet, cheffe des urgences pédiatriques du CHU de Toulouse interrogée par France Info. « En pédiatrie, ce qu’on vit n’a rien à voir avec les hivers précédents : c’est complètement inédit. Actuellement, on a en moyenne entre zéro et quatre cas par jour alors qu’on en a d’habitude entre 10 et 30 », détaille-t-elle. Ici aussi, c’est le respect des gestes barrières qui semble expliquer le phénomène. 


Même constat du côté des gastro-entérites, une maladie dont on se préserve efficacement en se lavant régulièrement les mains. D’après le réseau Sentinelles, le taux d’incidence des cas de diarrhée aiguë vus en consultation de médecine générale était estimé à 39 cas pour 100 000 habitants la dernière semaine de décembre. Un taux « en légère diminution par rapport à la semaine précédente […], et inférieur à ceux observés habituellement en cette période ». Bref, on le voit bien : conserver les gestes barrières à long terme pourrait bien permettre de lutter de façon préventive contre tous ces virus hivernaux.

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