Conserver une activité physique pendant la crise sanitaire

, par  Léa Vandeputte

Pas facile de continuer à bouger quand on est coincé chez soi. Pourtant, avoir une activité physique est capital pour être en bonne santé physique et mentale, rappelle l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Le ministère des Sports y va aussi de ses conseils.

« Maintenir une activité physique quotidienne suffisante, même dans un petit espace », c’est ce que recommande l’Anses dans un avis publié le 6 avril. La période actuelle de confinement, décidée pour limiter la progression de l’épidémie liée au Covid-19, a des conséquences négatives sur l’hygiène de vie des Français. « Réduction des déplacements, baisse de l’activité physique et augmentation des temps de sédentarité, déséquilibres énergétiques et alimentaires » ont des effets sur « l’appareil locomoteur, cardiovasculaire et sur le métabolisme » mais aussi « en termes de santé mentale et de sommeil », indique l’agence.

Adapter les repères à la situation

Dans ce contexte particulier, l’Anses a modifié ses préconisations car «  il est nécessaire de compenser la diminution d’activités quotidiennes ». Elle précise toutefois que « la pratique d’une activité physique quotidienne doit être adaptée aux possibilités offertes par l’espace disponible » et rappelle que : « L’activité physique ne se réduit pas à la pratique d’une activité sportive : se déplacer dans son logement et son jardin, porter une charge, monter ou descendre les escaliers, réaliser des tâches domestiques sont des pratiques qui sollicitent également le corps. » L’agence conseille d’augmenter la fréquence et la durée de l’activité « moyennant le respect des règles de progressivité et d’adaptation aux capacités de chacun ». A titre d’exemple, il est recommandé aux adultes de bouger quotidiennement – contre au moins cinq jours par semaine auparavant – ; de privilégier les exercices de renforcement musculaire et de souplesse ; de fractionner 30 minutes d’activité physique en périodes de 10 minutes, voire moins, réparties sur la journée.

Ne pas rester assis

Autre cheval de bataille : la lutte contre la sédentarité, qui est un facteur de maladies chroniques et accroît le risque de mortalité. Face à la hausse du temps passé en position assise, notamment devant les écrans, l’Anses propose les repères suivants : « interrompre le temps assis toutes les 30 minutes au minimum et pratiquer une activité même légère : marcher quelques mètres, faire des exercices de souplesse et de renforcement musculaire ; mobiliser les masses musculaires et les articulations même en position assise ou semi-allongée ; veiller à limiter l’augmentation du temps d’écran de loisirs et passif ». En complément, il faut aussi être attentif à son comportement alimentaire : « grignotage de produits sucrés et salés, et multiplication des prises alimentaires hors des repas principaux qui conduiraient à des apports énergétiques augmentés [contribuent à] s’éloigner d’autant plus des repères de consommation alimentaires », prévient l’agence de sécurité sanitaire.

Des contenus gratuits pour s’y mettre

De son côté, le ministère des Sports accompagne les Français. « Bouger chez soi, c’est tout à fait possible, explique la ministre Roxana Maracineanu dans une vidéo. Vous pouvez trouver sur le site du ministère des Sports et sur nos réseaux sociaux des contenus sportifs, des tutoriels, des plateformes de qualité pour vous aider à pratiquer une activité physique. » Le ministère a, en effet, un partenariat avec les applications Be sport, My coach et Bouge chez toi (disponibles sur l’App store et sur Google play) et avec le site Goove.app qui proposent des contenus qui « correspondent à des critères de qualité vérifiés par l’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité (Onaps) ». Des séances d’entraînement variées à base d’exercices de renforcement musculaire, de proprioception, de massages et de stretching par exemple y sont en libre accès. « Ces acteurs se sont engagés à proposer gratuitement à tous les publics leurs contenus, conçus par des professionnels du sport, de la santé et de l’activité physique adaptée », précise Sport.gouv.fr.

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