Un comité de veille sanitaire prend la relève du conseil scientifique

, par  Isabelle Coston

Le conseil scientifique, présidé par Jean-François Delfraissy, a cessé d’exister. Créé par un décret publié au Journal officiel dimanche 31 août, un comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires vient de le remplacer.

Mis en place en 2020, lors de l’arrivée de l’épidémie de Covid-19, le conseil scientifique disparaît en même temps que cesse l’état d’urgence sanitaire. Une nouvelle instance, baptisée comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires lui succède sans délai. Dans un communiqué commun, publié le 31 août, François Braun, le ministre de la Santé et de la Prévention et Sylvie Retailleau, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, détaillent la composition et les missions du nouveau comité.

Un « commando de scientifiques »

Composée de dix-neuf membres nommés pour une durée de deux ans, « une équipe commando de scientifiques de très haut niveau » pour reprendre les termes employés par François Braun mercredi 27 juillet sur Franceinfo, cette nouvelle instance exercera un rôle d’expertise et de conseil indépendant des autorités officielles. Outre son président, désigné par les ministres de la Santé et de la Recherche, elle comprendra seize personnalités scientifiques ou professionnels de santé, spécialistes de santé humaine, animale et de l’environnement, un représentant des patients et un représentant des citoyens. En cas de crise sanitaire, son président pourra toutefois « proposer de faire appel à des personnalités supplémentaires pour leurs expertises spécifiques », précise le communiqué. Le ministre n’exclut pas que certains membres du conseil scientifique puissent d’ailleurs rempiler au sein de ce nouveau comité.
Avec pour principal objet de veiller sur « les risques sanitaires liés aux agents infectieux atteignant l’homme et l’animal, aux polluants environnementaux et alimentaires, et au changement climatique », ce nouvel organisme a pour vocation une approche plus globale de la santé (one health). Sa mission ira donc bien au-delà du « simple » risque épidémique.

Émettre des recommandations

Lorsqu’une projection fera apparaître un risque sanitaire, elle entrera en jeu. Outre la veille et l’anticipation des risques, le comité sera en effet également chargé d’« émettre des recommandations sur les mesures envisagées par les autorités publiques afin de lutter contre une crise sanitaire [et] sur la stratégie vaccinale mise en œuvre, le cas échéant, face à une menace sanitaire ». Institué auprès des ministres de la Santé et de la Recherche, ce comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires pourra être saisi par l’un d’entre eux ou s’auto-saisir. Ses avis seront rendus publics. À peu près équivalent au conseil scientifique qui était présidé Jean-François Delfraissy, il a été conçu pour être particulièrement réactif et « transparent dans ses avis », a promis François Braun.

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