Cocktail de pesticides dans des salades vendues en France

, par  Isabelle Coston

Manger de la salade, c’est bon pour la santé. C’est ce que l’on pensait jusqu’à présent, mais les résultats d’une étude, publiés le 22 septembre 2015, viennent contredire ce postulat.

Avec cinq kilos par an et par ménage (chiffres de l’Insee), la salade est le quatrième légume le plus consommé en France. Et elle fait partie des légumes dans lesquels on retrouve généralement le plus de résidus de pesticides. Partant de ce constat, l’association Générations futures a fait réaliser une étude, et ses résultats, publiés le 22 septembre, sont inquiétants : cinq pesticides interdits en France ont été retrouvés dans certaines des salades testées.

Des échantillons issus de supermarchés

Pour réaliser ces tests sur un échantillon représentatif, trente et une salades ont été achetées dans des supermarchés de l’Oise et de la Somme (Picardie) entre le 28 mai et le 21 juillet 2015. Sept ont été prélevées chez Carrefour, sept chez Intermarché, sept chez Hyper U, cinq chez Auchan et cinq chez Leclerc. Les salades choisies sont celles qui sont le plus consommées par les Français et les plus présentes sur les étals, à savoir neuf laitues, huit feuilles de chêne, cinq frisées, quatre batavias, trois scaroles et deux roquettes. Une provenait d’Espagne, une d’Italie et vingt-neuf étaient françaises.
« Ce nombre d’échantillons est supérieur au seuil de représentativité de trente habituellement utilisé par la DGCCRF [Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes]. On peut donc considérer que les résultats trouvés sont assez représentatifs du niveau moyen de contamination des salades par des résidus de pesticides en France », précise le rapport.

Pas si vertes, les salades

Les résultats des tests ont montré que, sur les trente et une salades, vingt-cinq contenaient au moins un résidu de pesticide et vingt et une au moins un résidu soupçonné d’être un perturbateur endocrinien. Six seulement ne contenaient aucun résidu de pesticides, et une en contenait dix, dont du dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT), un cancérigène et perturbateur endocrinien notoire, interdit en France depuis 1972. Certaines des substances chimiques retrouvées dans ces salades sont interdites à la vente en France, mais viennent d’Espagne, où on peut très facilement se les procurer.
L’association Générations futures préconise « d’appliquer au plus vite les décisions prises dans le cadre du règlement européen 1107/2009 interdisant la mise sur le marché des pesticides perturbateurs endocriniens ».

Une étude décriée par certains producteurs

Dans son communiqué du 22 septembre, l’association Sauvons les fruits et légumes de France dénonce une « tentative de déstabilisation des producteurs de fruits et légumes français » par Générations futures. Ce collectif de producteurs considère que l’étude est inutilement alarmiste et incomplète : « Grâce aux outils ultraperformants de laboratoire, on peut désormais détecter tout et n’importe quoi sur n’importe quel produit, y compris des produits interdits depuis quarante ans comme le DDT. Quant au “seuil de quantification”, il permet d’avoir une idée beaucoup plus exacte des résidus effectivement présents. Cette distinction fondamentale, Générations futures la met aux oubliettes pour les besoins de sa communication. » D’après eux, leurs détracteurs passeraient aussi sous silence la présence élevée de cuivre, « premier pesticide utilisé en agriculture bio ».

Sources
- « Exppert 5 : des pesticides dans des salades », Générations futures, 22 septembre 2015.
- « Enquête “salades” de Générations futures : Halte à la manipulation ! », collectif Sauvons les fruits et légumes de France, communiqué de presse, 22 septembre 2015.

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