Choc toxique : mieux prévenir les risques dus aux tampons et coupes menstruelles

, par  Isabelle Coston

Lié à la mauvaise utilisation de tampons hygiéniques ou coupes menstruelles, le syndrome de choc toxique (SCT) peut entraîner de graves séquelles. Pour prévenir ce risque, rare mais grave, les autorités sanitaires donnent leurs recommandations.

Alors que le 9 janvier dernier, une adolescente belge décédait suite à un choc toxique dû au port de tampons, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a publié, lundi 20 janvier, un avis complémentaire à son rapport sur la sécurité des protections intimes de 2018. L’agence y demande aux fabricants de mieux informer professionnels de santé et utilisatrices de protections périodiques sur les risques d’infection. Ce risque, appelé syndrome de choc toxique menstruel (SCT) « concerne les protections périodiques internes (tampons, coupes menstruelles, …) », précise l’Anses. Une vingtaine de femmes sont victimes chaque année en France du SCT, mais le nombre de cas déclarés serait inférieur à la réalité, observe l’autorité sanitaire. Cette maladie causée par une infection bactérienne au staphylocoque doré, n’atteint que les femmes porteuses de la souche de staphylocoque impliquée dans le SCT menstruel, soit 1 % à 4 % de la population féminine. Chez ces dernières, un développement important de la bactérie peut alors entraîner la production d’une toxine qui passe dans le sang. Ce risque est principalement dû au fait que les protections internes telles que les tampons ou les coupes menstruelles ont pour effet de bloquer l’écoulement du flux sanguin.

Des informations trop souvent absentes

L’Agence insiste donc sur la nécessité de respecter les règles d’hygiène liées à l’utilisation de ces protections, en particulier de ne pas dépasser la durée de port maximale et de se laver les mains avant chaque changement de protection.

Elle souligne, dans le même temps, l’insuffisance d’information de la part des fabricants qui, trop souvent, ne mentionnent pas ces recommandations d’utilisation sur les emballages et omettent — notamment pour les coupes menstruelles « arrivées plus récemment sur le marché » — d’alerter les femmes sur ce risque. Et même si « dans l’état actuel des connaissances, le SCT n’est pas lié au matériau utilisé dans la composition de ces protections », reconnaît l’Anses, elle demande encore une fois aux industriels « d’éliminer ou de réduire au maximum la présence des substances chimiques » retrouvées dans leurs produits. L’Anses déplore qu’« il n’existe pas (dans l’Union européenne, ndlr) de réglementation spécifique encadrant la composition, la fabrication ou l’utilisation des produits de protection intime », à l’image des États-Unis, où les protections périodiques sont considérées comme des dispositifs médicaux et non pas comme des biens de consommation courante.

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