Chaque jour en France, un enfant naît avec des troubles liés à l’alcoolisation fœtale

, par  Delphine Delarue

Pour la première fois, l’agence Santé publique France donne une estimation de la fréquence des cas de syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF) et des autres troubles dus à la consommation d’alcool pendant la grossesse. Entre 2006 et 2013, plus de 3 000 enfants seraient concernés.

Une naissance par jour serait concernée par des troubles liés à l’alcoolisation fœtale. C’est ce que nous apprend une étude inédite publiée mardi par l’agence Santé publique France. Jusque-là, malgré l’impact sanitaire et social de ces troubles, aucune estimation récente du nombre d’enfants touchés n’était disponible. On sait désormais que sur la période 2006-2013, plus de 3 000 bébés ont présenté au moins une conséquence liée à la consommation d’alcool de leur mère pendant la grossesse. A noter qu’au niveau régional, la proportion d’enfants diagnostiqués est plus fréquente à La Réunion, en Haute-Normandie, en Champagne-Ardenne et dans le Nord-Pas-de-Calais. « Boire de l’alcool pendant la grossesse est toxique pour le fœtus et peut entraîner diverses complications (retard de croissance, atteintes du système nerveux central, malformations…) dont le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF, NDLR) est la forme la plus grave », rappelle l’agence dans un communiqué. Ce syndrome, qui concerne une naissance par semaine d’après l’étude, se manifeste d’abord par des anomalies physiques du nourrisson (dysmorphie cranio-faciales, malformations, retard de croissance), puis par des troubles neuro-développementaux importants (retard mental, déficit de l’attention, problèmes de mémoire, difficultés d’apprentissage, troubles du comportement). Le SAF est d’ailleurs la « première cause de handicap mental non génétique et d’inadaptation sociale de l’enfant en France », précise l’agence.

Pas de seuil limite de consommation

Les conséquences de l’alcool sur la grossesse sont aussi parfaitement évitables : il suffit de ne pas boire lorsque l’on est enceinte. « L’état actuel des connaissances ne permet pas de définir un seuil de consommation d’alcool en dessous duquel il n’y aurait pas de risques pour le bébé », souligne Santé publique France. C’est donc le principe de précaution qui doit s’appliquer. Mais dans la pratique, on est encore loin du compte : d’après le Baromètre santé 2017, une femme sur dix déclare avoir consommé de l’alcool occasionnellement lorsqu’elle était enceinte. Pour 21 % des Français, boire un petit verre de temps en temps pendant la grossesse ne poserait pas de problème. Plus inquiétant encore : seules six femmes sur dix seraient informées des risques par le médecin ou la sage-femme qui les suit.
Pour inverser la tendance et à l’occasion de la Journée mondiale du SAF, le 9 septembre, Santé publique France lancera une grande campagne d’information (médias, Internet, réseaux sociaux). Histoire de rappeler les bons réflexes au plus grand nombre.

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