Cancer : vers une prise en charge plus confortable et des traitements moins agressifs

, par  Delphine Delarue

Selon Unicancer, la prise en charge des cancers devrait évoluer d’ici 2020 vers des traitements mieux ciblés, moins invasifs et davantage réalisés à domicile.

A l’horizon 2020, la prise en charge des patients atteints d’un cancer devrait évoluer vers des séjours hospitaliers plus courts, des thérapies moins invasives et des traitements réalisés à domicile. C’est du moins ce que prévoit le regroupement des centres de lutte contre le cancer Unicancer, qui vient de rendre publics les résultats d’une étude sur la question. Cette enquête prospective, au cours de laquelle quarante experts ont été interrogés, avait pour objectif de qualifier les principales évolutions de la cancérologie, puis d’en évaluer les impacts pour les années à venir. Parmi ces évolutions, six grandes tendances ont été dégagées : le développement de la chirurgie ambulatoire, l’essor de la chimiothérapie par voie orale, la réduction du nombre de séances de radiothérapie, l’évolution de la radiologie interventionnelle, l’amélioration de la caractérisation des tumeurs et le développement des soins de support.

Sécurité des soins et économies pour la Sécu

Pour Unicancer, la chirurgie ambulatoire « offre des bénéfices reconnus pour les patients en termes de confort et de sécurité des soins, ainsi qu’un gain d’efficacité pour les établissements de santé ». Fortement encouragée par l’Etat, elle permet en effet de réduire le risque infectieux associé aux soins, de gagner en efficacité au niveau de l’organisation des plateaux techniques et de réduire les coûts tant pour les établissements que pour l’Assurance maladie. Selon l’étude, la chirurgie ambulatoire devrait représenter, à l’horizon 2020, 50 % de la chirurgie du cancer du sein (contre 12 % en 2012) et 15 % de la chirurgie des cancers de l’ovaire (3 % en 2012). Dans la même optique, l’essor de la chimiothérapie par voie orale constitue une avancée non négligeable. Ces traitements ont l’avantage de causer moins d’effets secondaires et de permettre une hospitalisation à domicile. D’après Unicancer, d’ici à 2020, la proportion de traitements médicamenteux par voie orale pourrait passer des 25 % actuels à 50 % et les chimiothérapies intraveineuses diminuer de 25 %. Néanmoins, il faudra pour cela organiser une meilleure coordination entre l’hôpital et les acteurs de la médecine de ville (pharmaciens, généralistes).

Progrès des techniques et des technologies de pointe

Autre tendance soulignée : l’évolution des techniques de radiothérapie. Actuellement en pleine mutation, celles-ci proposent des traitements de plus en plus efficaces sur les zones malades tout en épargnant davantage les zones saines et en réduisant en outre le nombre de séances. D’ici 2020, la réduction du nombre de séances en radiothérapie devrait concerner 50 % des traitements du cancer du poumon et 45 % des traitements du cancer du sein. Mais, pour cela, « la question fondamentale du financement devrait être réglée », note l’étude. Actuellement les établissements de santé ne sont pas encouragés à investir pour développer ces pratiques.
Les progrès relevés par Unicancer concernent aussi la radiologie interventionnelle, c’est-à-dire toutes les procédures de diagnostic et de traitement d’une affection sous contrôle d’un moyen d’imagerie. Dans les prochaines années, celles-ci sont appelées à se développer considérablement. Aujourd’hui, on peut par exemple accéder à une petite tumeur en utilisant les voies naturelles, le réseau vasculaire ou en passant à travers un organe afin de la détruire. Autant de méthodes moins invasives pour les patients.

Une meilleure caractérisation des tumeurs

L’étude souligne également la place croissante de la biologie moléculaire dans la prise en charge et les traitements. Grâce à cela, les tumeurs sont mieux caractérisées dès le stade du diagnostic et les thérapies mieux adaptées au cas par cas. Or, aujourd’hui, la réalisation d’actes de biologie moléculaire dans le cadre du diagnostic est loin d’être systématique (10 % en 2012). Selon Unicancer, ce taux devrait s’accroître d’ici 2020 pour atteindre 50 %, à condition toutefois que les moyens suffisants soient mis en place. Enfin, dernière tendance relevée : le développement des soins de support, en d’autres termes les consultations de diététiciens, de psychologues et d’assistantes sociales, ainsi que les soins palliatifs. Fondamentaux, ces soins sont pourtant accessibles de façon encore très inégale en France. Malgré ce point noir, Unicancer rappelle que l’étude a tout de même identifié « des évolutions très bénéfiques pour les patients et sources d’économies pour l’Assurance maladie ». « Cependant, ajoute Josy Reiffers, président d’Unicancer, le système de santé actuel n’encourage pas leur développement, et ces évolutions auront un impact particulièrement négatif sur la situation économique des établissements de santé, si rien n’est fait par les pouvoirs publics pour mieux les financer. »

Sources
- « Unicancer : quelle prise en charge en 2020 ? », fédération Unicancer, 16 octobre 2013.

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