Cancer : une pétition pour interdire les nitrites

, par  Léa Vandeputte

La Ligue contre le cancer, Foodwatch et Yuka s’associent pour dire stop aux nitrites ajoutés dans les charcuteries industrielles notamment. Ces additifs sont en effet classés cancérogènes probables pour l’homme.

A l’occasion de la journée mondiale contre le cancer, le mardi 4 février, trois organisations – la Ligue contre le cancer association reconnue d’utilité publique, Foodwatch organisation à but non lucratif et Yuka créateur de l’application smartphone d’évaluation des produits alimentaire – relancent la communication autour de leur pétition intitulée « Stop aux nitrites ajoutés dans notre alimentation ». Lancée le 20 novembre 2019, celle-ci recueille près de 180 000 signatures le 4 février. L’objectif est de dépasser les 200 000 pour encourager la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, à agir.

E249, E250, E251 et E252
Concrètement, le trio exige l’interdiction des additifs E249 (nitrite de potassium), E250 (nitrite de sodium), E251 (nitrate de sodium) et E252 (nitrate de potassium) car ces derniers auraient un effet délétère sur la santé. Pour l’heure, ils sont utilisés par les industriels dans les viandes transformées, comme dans les charcuteries, pour améliorer leur conservation et leur donner une couleur rosée. Selon Yuka, plus de 12 000 produits en vente en France en contiennent. « Nous voulons manger sans être exposés à des risques pour la santé à cause d’additifs controversés », plaide Karine Jacquemart, directrice générale de Foodwatch dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, avant d’ajouter : « Il faut interdire les nitrites dans l’alimentation, c’est possible et c’est urgent. »

Des effets sur le long terme

Ces substances utilisées dans l’alimentation sont classées cancérogènes probables pour l’humain (catégorie 2A) par le Centre international de la recherche contre le cancer (CIRC), l’agence spécialisée de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la recherche sur le sujet. Les nitrites et nitrates favoriseraient notamment l’apparition de cancer colorectal, le deuxième cancer le plus mortel après celui des poumons, et de cancer de l’estomac. « Cela fait au moins quinze ans que les charcuteries sont classées cancérigènes avérés par l’OMS, explique Axel Kahn, président de la Ligue contre le cancer. Elles provoqueraient jusqu’à 4 000 cancers colorectaux par an en France. Cela est, selon toute évidence dû aux traitements par les nitrites. On le sait. On ne peut pas laisser faire. Il faut agir. »

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