Cancer : les dernières avancées médicales

, par  Isabelle Coston

La 56e édition de l’American society of clinical oncology (Asco), le plus grand congrès scientifique américain consacré au cancer, s’est tenue virtuellement cette année. Les dernières avancées scientifiques y ont été présentées. Les résultats apportés par l’immunothérapie, notamment, sont prometteurs.

L’Asco a réuni, du 29 au 31 mai, des chercheurs du monde entier. Crise du nouveau coronavirus oblige, ils ont présenté leurs travaux sur un mode virtuel, ce qui ne les a pas empêchés de faire le bilan sur les dernières innovations en matière de traitement du cancer. Les traitements d’immunothérapie, qui réactivent des processus physiologiques en stimulant les défenses immunitaires contre la tumeur, sont particulièrement étudiés. Ils ont en effet l’avantage d’être beaucoup moins toxiques que la chimiothérapie et sont efficaces sur la durée. Ils sont administrés à certains patients dès le diagnostic, seuls ou en association avec la chimiothérapie.

. Cancer du poumon : des molécules porteuses d’espoir

Une équipe internationale a présenté les résultats très positifs d’une étude portant sur l’osimertinib, une molécule utilisée pour prendre en charge des patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules localement avancé ou métastatique. L’essai, baptisé Adaura, a été mené aux États-Unis, en Chine, en Corée, en Australie et en Europe. Cette molécule ayant fait la preuve de son efficacité, l’essai est passé en phase III. De son côté, l’institut Gustave-Roussy (Villejuif) a présenté une étude, également en phase III, portant sur un traitement innovant, conjuguant anticorps et médicament cytotoxique. En France, le cancer du poumon représente la première cause de mortalité par cancer chez les hommes et la deuxième chez les femmes. 40 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. Il en existe deux sortes : le cancer bronchique non à petites cellules (80 % des cas) et le cancer à petites cellules. Le premier se détecte et se traite plus facilement que le cancer à petites cellules. 30 % des patients peuvent être opérés, mais le taux de récidive à cinq ans après opération et traitement par chimiothérapie reste élevé.

. Cancer du sein : moins de chimiothérapie grâce à un test génétique

Une vaste étude européenne, dont les résultats ont été confirmés lors de l’Asco, montrent que la stratégie de dépistage, Mammaprint, permet de réduire de façon importante le nombre de traitements de chimiothérapie. Cette étude au long cours a en effet permis de déterminer une « signature moléculaire basée sur l’étude d’une combinaison de 70 gènes qui permet d’identifier les patientes atteintes de cancer du sein pour lesquelles une chimiothérapie est inutile », indique l’Institut Curie (Paris) dans un communiqué.

. Cancers de la gorge, du larynx et de la bouche : des nanoparticules pour détruire les tumeurs

L’Institut Curie, qui avait déjà présenté la première phase de son étude lors du sommet de l’Asco 2019, a fait part de l’avancée de ses travaux sur des injections de nanoparticules d’un métal, l’afnium, dans des tumeurs la veille des séances de radiothérapie. La présence de ces nanoparticules a rendu plus efficace le traitement effectué chez des patients atteints de cancers de la gorge, du larynx et de la bouche et qui étaient trop âgés ou trop faibles pour être traités par chimiothérapie. Le professeur Christophe Le Tourneau, oncologue et chef du département des essais cliniques précoces à l’Institut Curie, a expliqué à l’antenne d’Europe 1 que les résultats chez « la cinquantaine de patients qui ont été traités tous à la même dose, qu’on a identifiée comme étant la bonne , [ont montré] que 83 % d’entre eux avaient une bonne réponse au traitement. L’idée maintenant va être de passer en phase III, c’est-à-dire de passer à un essai comparatif en vue d’obtenir une autorisation de mise sur le marché. »

. Gliome chez l’enfant : une alternative à la chimiothérapie classique

Une étude internationale présentée à l’Asco, à laquelle ont participé les instituts Curie et Gustave-Roussy, vient de démontrer à la fois l’efficacité et la bonne tolérance d’une nouvelle combinaison de deux traitements face à certaines tumeurs cérébrales (gliomes) pédiatriques, ceux dits de bas grade, la forme la plus fréquente (60 %). Il faut toutefois encore poursuivre les recherches sur un plus grand nombre de patients pour confirmer ces résultats prometteurs.

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