Cancer du sein : vers un dépistage plus personnalisé

, par  Léa Vandeputte

A l’occasion de la manifestation Octobre rose, qui promeut le dépistage du cancer du sein, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a annoncé que le programme français subirait une rénovation profonde. Cette annonce fait suite à un rapport qui préconisait une approche personnalisée du dépistage.

Marisol Touraine a engagé lundi 3 octobre la rénovation du programme de dépistage du cancer du sein. A l’occasion du début de la campagne d’Octobre rose, la ministre a salué la mobilisation contre le cancer du sein avant d’annoncer son souhait de « moderniser le programme de dépistage organisé […] en développant un parcours plus personnalisé, fondé sur une meilleure information des femmes, mieux coordonné et impliquant davantage le médecin traitant ».

Améliorer la politique de dépistage

Cette annonce fait suite au lancement, fin 2015, d’une concertation citoyenne et scientifique , organisée par l’Institut national du cancer (Inca), invitant les citoyens, les professionnels de santé, les associations et les institutions à réfléchir à l’amélioration de la politique de dépistage du cancer du sein. Le rapport du comité d’orientation qui pilotait la concertation a été remis à Marisol Touraine au mois de septembre. Il était accompagné d’une lettre du président de l’Inca, Norbert Ifrah, qui en reprenait les conclusions. Ce document proposait deux possibilités d’évolution : « le déploiement d’un nouveau programme, rénovant le programme actuel » ou « le renoncement à un programme de dépistage organisé, au profit d’une approche plus individualisée », mais cette dernière piste, de l’aveu même des rédacteurs du rapport, a été jugée « trop risquée » et donc peu souhaitable.

Supprimer les freins financiers

Selon le président de l’Inca, la rénovation du programme de dépistage permettra de mettre en place « une approche personnalisée » prenant « appui sur le médecin traitant ». Les femmes pourront ainsi être « réellement actrices de leur santé » et recevoir « une information complète, fiable et neutre, pour leur permettre de prendre une décision éclairée ». La qualité du dépistage sera améliorée en « systématisant la deuxième lecture des mammographies ». L’Inca recommande aussi de « supprimer les freins financiers qui demeurent en réduisant le reste à charge notamment par la prise en charge à 100 % des actes de dépistage complémentaires à la mammographie, principalement l’échographie ». Enfin, l’organisme appelle à « soutenir un effort de recherche sur les marqueurs d’évolutivité et d’agressivité des cancers du sein, pour mieux maîtriser le surtraitement ».

La ministre de la Santé a confié à l’Inca et à la Direction générale de la santé le soin d’élaborer un « plan d’action cohérent assorti d’un volet d’évaluation et de recherche », a-t-elle précisé dans un communiqué . Les modalités de ce plan seront présentées à la fin de l’année.

Actuellement, toutes les femmes de 50 à 74 ans sont invitées à faire une mammographie tous les deux ans, ou tous les ans pour celles qui présentent des risques accrus de développer un cancer du sein. L’an dernier, à la même période, la ministre avait annoncé la prise en charge à 100 % des examens de dépistage pour les femmes particulièrement exposées, en raison de leurs antécédents familiaux par exemple (lire notre article du 12 octobre 2015). Cette mesure est désormais effective.

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