Burn-out : améliorer le diagnostic et la prise en charge

, par  Léa Vandeputte

La Haute Autorité de santé (HAS) a publié des recommandations pour aider les professionnels de santé à mieux diagnostiquer le burn-out, à adapter la prise en charge et à accompagner le retour au travail.

Le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel, reste mal connu. Pour accompagner les médecins dans le diagnostic et la prise en charge de celui-ci, la Haute Autorité de santé (HAS) a donc publié de nouvelles recommandations
le lundi 22 mai. Bien que le burn-out ne soit pas une maladie en tant que telle et qu’il reste « sujet à débat et à controverse », la HAS rappelle dans un communiqué qu’il s’agit d’un « véritable syndrome, qui se traduit par un épuisement physique, émotionnel et mental profond, causé par un investissement prolongé dans des situations des travail exigeantes ». Il demeure toutefois difficile à repérer en raison de ses manifestations diverses et « peut souvent passer inaperçu, être diagnostiqué à tort ou encore traité de façon inadéquate. »

Repérer les signes et analyser les conditions de travail

Dans sa nouvelle fiche mémo, destinée prioritairement aux médecins généralistes et aux médecins des services de santé au travail, la HAS détaille les principales manifestations du burn-out, qui sont « d’ordre émotionnel (anxiété, tristesse, hypersensibilité, absence d’émotion…) ; cognitif (troubles de la mémoire, de l’attention, de la concentration…) ; comportemental ou interpersonnel (isolement social, comportement agressif ou violent, diminution de l’empathie, comportements addictifs...) ; motivationnel (désengagement, remise en cause professionnelle, dévalorisation…) ; physique (troubles du sommeil, troubles musculo-squelettiques, gastro-intestinaux…) ».
L’autorité sanitaire souligne cependant que ces symptômes ne sont pas spécifiques et que les médecins doivent aussi s’intéresser « aux conditions de travail (intensité et organisation du travail, exigences émotionnelles, autonomie et marge de manœuvre, relations dans le travail, conflits de valeurs, insécurité de l’emploi), à la personne et à son vécu (antécédents dépressifs personnels et familiaux, événements survenus dans la vie personnelle, soutien de l’entourage, rapport au travail) », afin d’établir le bon diagnostic.

Des soins personnalisés

Elle insiste également sur la nécessité de mettre en place une prise en charge personnalisée, reposant sur « un arrêt de travail, dont la durée est adaptée à l’évolution du trouble et au contexte socioprofessionnel ; la combinaison d’interventions psychothérapeutiques ou psychocorporelles (thérapies cognitivo-comportementales, relaxation, méditation pleine conscience…) ; un éventuel traitement médicamenteux, notamment par antidépresseurs, mais uniquement si le burn-out est associé à des troubles anxieux ou dépressifs ; l’intervention d’un psychiatre pour les cas complexes ou sévères, pour une réévaluation des traitements médicamenteux ou pour une poursuite d’arrêt maladie ».
Enfin, pour accompagner le retour au travail, la fiche mémo préconise d’organiser au moins une visite de préreprise avec le médecin du travail, qui pourra ainsi « recommander des aménagements ou adaptations du poste de travail, voire des mesures visant à faciliter le reclassement du salarié ou sa réorientation professionnelle ». La HAS ajoute qu’« un suivi régulier, impliquant le médecin du travail, le médecin traitant et le cas échéant le psychiatre, est indispensable pour aider au maintien dans l’emploi du patient ».

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