AVC : une situation préoccupante

, par  Vincent Portois

En France, 30 000 décès par an sont dus aux accidents vasculaires cérébraux (AVC), dont plus de 18 000 concernent les femmes. Ce qui fait de cette pathologie la première cause de mortalité chez les femmes et la troisième pour les hommes.

« La dynamique de l’AVC reste préoccupante en France, dans un contexte de vieillissement de la population », explique le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’Agence santé publique dans ses récentes conclusions issues d’une nouvelle étude couvrant la période entre 2008 à 2014, et sortie le 21 février dernier. Les attaques cérébrales arrivent brutalement, mais rarement sans raison, même si l’âge a parfois aussi sa part de responsabilité. L’AVC, cet arrêt brutal de l’irrigation sanguine privant temporairement le cerveau d’oxygène, est souvent dû à « des comportements individuels défavorables à la santé » comme le stress, l’hypertension artérielle, le cannabis, la sédentarité, le diabète, l’obésité ou encore le tabagisme, particulièrement pointé du doigt par les chercheurs (« une augmentation de la proportion des femmes âgées de 55 à 64 ans qui fument quotidiennement a été observée en France entre 2005 et 2014 »). Plus tôt une prise en charge est effectuée, et plus les risques de décès ou de séquelles liés à l’AVC diminuent. Depuis les années 2000, « la France s’est progressivement dotée d’une politique de santé spécifique et s’est pourvue, au sein des hôpitaux, d’unités neuro-vasculaires (UNV) dédiées spécifiquement à la prise en charge des AVC ». Une politique renforcée par un plan « d’action national AVC (2010-2014) [qui] a encouragé et renforcé les actions précédemment engagées en matière de prévention et de prise en charge ». Une implication non négligeable, car l’étude précise que les hospitalisations pour AVC sont en constante augmentation entre 2008 et 2014 (de 97 000 à 110 000), surtout pour les personnes âgées de 35 à 64 ans.

Mieux connaître cette pathologie

Certaines régions sont davantage touchées, sans doute à cause d’habitudes de vie différentes ou peut-être de dépistages moins importants ou de préventions moins médiatisées : « Tous âges confondus, les taux standardisés de mortalité par AVC les plus élevés sont observés dans les régions ultramarines, avec un maximum à La Réunion et en Guyane et, pour la métropole, dans les régions Hauts-de-France et Bretagne. L’Ile-de-France présente le taux de mortalité le plus faible, près de deux fois plus bas que celui observé à La Réunion. » L’étude insiste sur la nécessité d’intensifier les campagnes de prévention concernant les facteurs à risque ou encore sur le fait d’avoir une meilleure hygiène alimentaire. Il s’agit aussi de « sensibiliser » la population pour qu’elle connaisse et pratique les gestes qui sauvent après que les premiers symptômes de ces attaques cérébrales ont été détectés : problème d’élocution, affaissement d’une partie du visage, étourdissement, vision trouble, sensation de fourmillement au niveau du visage, des bras et des jambes, mal de tête fort et soudain. Sensibilisation et campagnes de prévention intensives sont des paramètres essentiels « pour limiter le retentissement humain et économique de cette pathologie ».

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