Autotests : l’Académie de pharmacie distribue les bons et les mauvais points

, par  Isabelle Coston

A la suite d’une demande du ministère de la Santé, l’Académie nationale de pharmacie rend un avis sur plusieurs autotests vendus dans les officines et indique quels sont ceux qui peuvent être réellement utiles.

Dans un rapport publié le 24 janvier, l’Académie nationale de pharmacie passe en revue treize autotests que l’on peut faire tranquillement chez soi, sans avoir à se rendre dans un laboratoire de biologie médicale ou chez un médecin. L’institution, qui précise qu’un autotest « n’apporte qu’une orientation diagnostique et pas un diagnostic comme peut le faire un examen de biologie médicale », les a classés en trois catégories : « utile », « à éviter » et « à valider ».

Trois autotests jugés utiles

• L’autotest VIH (recherche des anticorps anti-VIH). En vente en pharmacie depuis 2015, il présente, selon l’académie, un réel intérêt de santé publique, à condition qu’il soit effectué trois mois après le dernier rapport sexuel. Si le résultat est positif, il devra être confirmé par un test en laboratoire. D’après les estimations, environ 25 000 Français ignorent qu’ils sont contaminés par le VIH.
• L’autotest de protection du virus antitétanique (détection de la présence d’anticorps antitétaniques). Ce test, qui indique si le vaccin contre le tétanos – obligatoire chez le nourrisson – est toujours actif, permet d’éviter une vaccination superflue. Chez l’adulte, les rappels antitétaniques doivent être effectués à 25 ans, 45 ans et 65 ans, puis tous les dix ans.
• Les tests urinaires. L’académie considère qu’ils sont fiables pour détecter une infection urinaire, mais aussi un excès de sucre (glycosurie) ou une présence anormale de protéines (protéinurie ou albuminurie) dans les urines.

Cinq autotests à éviter

• Le test de la maladie de Lyme. L’Académie nationale de pharmacie le déconseille, en raison d’un risque élevé de faux positif et de faux négatif.
• Le test IgE totales (détection d’allergie). Ce test est considéré comme ne présentant pas d’intérêt médical, car le taux d’immunoglobulines (IgE totales) n’est pas suffisamment révélateur pour affirmer que la personne présente ou non un terrain allergique. Il peut donc être source d’une inquiétude injustifiée ou, à l’inverse, rassurer à tort.
• Le test anti-Helicobacter pylori. Utilisé pour déceler la présence d’une bactérie qui provoque des inflammations chroniques pouvant évoluer vers un ulcère de l’estomac, ce test n’est préconisé « que dans des indications très limitées, qui plus est chez des personnes ou [des] patients sans symptôme digestif », avertit l’académie. Elle invite les pharmaciens à diriger le patient vers un médecin, qui l’orientera, le cas échéant, vers un gastro-entérologue.
• Le test de recherche de PSA. Les auteurs du rapport estiment que l’interprétation du dosage de PSA (dépistage du cancer de la prostate) est « délicate » et que l’autotest peut indiquer des résultats faussement positifs ou négatifs. Une consultation médicale préalable à son utilisation est nécessaire, toujours d’après le rapport.
• L’autotest du cancer colorectal (à réaliser à partir des selles). Il n’a pas convaincu l’Académie nationale de pharmacie, qui le juge inutile, d’autant que ses performances « ne sont pas connues et ne sont pas publiées par son fabricant ». Le rapport encourage à utiliser plutôt le kit distribué dans le cadre de la campagne de dépistage organisé, qui existe en France depuis 2009.

Cinq autotests « à valider »

Quant aux cinq autotests restants parmi les treize examinés, ils n’ont pas vraiment convaincu l’académie, qui ne leur a trouvé qu’un intérêt limité. Le test de fécondité, la mesure du cholestérol total, le dépistage d’une hypoferritinémie (recherche d’une carence en fer), le test de l’hypothyroïdie et le test de la ménopause ne présentent pas une utilité suffisante pour être recommandés par le rapport, qui préconise de privilégier plutôt les tests en laboratoire.

Recommandations de bon usage

De son côté, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a publié des recommandations « pour un bon usage des autotests en pharmacie ». Elle conseille notamment de n’utiliser que des autotests marqués CE, de les acheter seulement dans les pharmacies ou sur le site Internet de celles-ci, de bien lire et respecter la notice d’utilisation et de rester vigilant au vu des résultats obtenus, de ne pas hésiter à demander conseil à un professionnel de santé et de signaler tout incident en écrivant à l’adresse Reactovigilance@ansm.sante.fr ou en se rendant sur Signalement-sante.gouv.fr.

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