Autisme de l’enfant : les nouvelles recommandations de la HAS

, par  Delphine Delarue

La Haute Autorité de santé a émis de nouvelles recommandations pour améliorer le dépistage de l’autisme, accélérer l’accès précoce aux prises en charge personnalisées et favoriser ainsi le développement des jeunes patients. Elle invite notamment les professionnels de la petite enfance et les médecins traitants à être particulièrement attentifs aux premiers signaux d’alerte.

Mieux repérer les enfants autistes et accélérer leur accès aux prises en charges précoces : c’est l’objet des dernières recommandations émises par la Haute Autorité de santé (HAS) le lundi 19 février, quelques semaines avant la présentation attendue d’un quatrième plan Autisme. Selon la HAS, « il est primordial » que le diagnostic se fasse « le plus tôt possible afin de mettre en place, sans attendre, des interventions personnalisées et coordonnées pour favoriser le développement et les apprentissages ». Les troubles du spectre de l’autisme (TSA), qui affectent différents champs du développement (langage, sociabilité, développement moteur et sensoriel), concernent aujourd’hui un Français sur cent, soit 100 000 jeunes de moins de 20 ans et près de 600 000 adultes. Alors que les premiers signes peuvent se manifester dès l’âge de 1 an, « les enfants autistes sont, à ce jour, diagnostiqués trop tardivement, en moyenne entre 3 et 5 ans », regrette la Haute Autorité. Un phénomène qui retarde les prises en charges adaptées et réduit les chances des patients de parvenir un jour à l’autonomie et à l’inclusion dans la société (pour les cas les moins sévères).

Des suspicions à prendre au sérieux

Pour inverser la tendance, la HAS a donc fléché « le parcours de l’enfant et de sa famille, [...] de l’identification des signes d’alerte jusqu’à la consultation dédiée ». Bien que le diagnostic reste difficile à établir, en particulier pendant la petite enfance, les suspicions doivent être prises au sérieux. « Les premiers signaux d’alerte peuvent être repérés par les parents et les professionnels de la petite enfance : absence de babillage, de pointage à distance avec le doigt ou de gestes sociaux (coucou, au revoir) avant 12 mois, de mots à 18 mois et au-delà, d’association de mots à 24 mois et au-delà », énumère la Haute Autorité. Elle invite donc les personnels des crèches et des écoles à se mobiliser « pour porter une attention particulière et continue au développement de la communication sociale de chaque enfant ». En outre, l’inquiétude des parents concernant l’évolution de leur petit « ne doit jamais être minimisée, mais systématiquement écoutée et prise en compte », que ce soit par les assistantes maternelles, les puéricultrices, les instituteurs ou par les médecins.

Le médecin traitant, acteur clé du premier bilan

Toute interrogation doit rapidement donner lieu à une visite chez le médecin traitant. Ce dernier doit lui-même être très vigilant quant à l’évolution de la motricité et de la communication de son jeune patient. Au moindre doute, il lui consacrera une consultation dédiée à la recherche de signes de l’autisme, en s’appuyant au besoin sur les différents questionnaires établis par la HAS. « Si la suspicion est confirmée, le médecin va orienter l’enfant vers une consultation spécialisée pour confirmer le diagnostic [et] initier un projet d’interventions personnalisées », précise la Haute Autorité. Cette consultation devra regrouper des professionnels de différentes disciplines (pédopsychiatries, psychologies, rééducation…) spécifiquement formés aux troubles du neurodéveloppement et de l’autisme. Les délais d’attente étant encore très longs (de six mois à un an), « le médecin traitant proposera sans attendre : des examens ORL et ophtalmologiques, des bilans orthophoniques et du développement moteur pour une première évaluation des besoins de l’enfant ». Si nécessaire, de premières interventions de rééducation pourront être mises en place dans les domaines de l’orthophonie, de la kinésithérapie et de la psychomotricité.
Ces nouvelles recommandations, très attendues (les dernières concernant le diagnostic dataient de 2005), ont été saluées par les associations de familles d’enfants autistes. Ces dernières resteront toutefois vigilantes quant à leur application.

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