L’asthme : une maladie à prendre très au sérieux

, par  Delphine Delarue

La Journée mondiale de l’asthme, célébrée le 1er mai, a été l’occasion de revenir sur une maladie qui touche environ 235 millions de personnes à travers le monde, dont plus de 4 millions en France. Plutôt fréquente, cette pathologie respiratoire chronique n’en est pas moins anodine : chaque année, elle est à l’origine de 60 000 hospitalisations et de près de mille décès. Seules une prise en charge adaptée et la bonne observance des traitements permettent de la contrôler efficacement.

« L’asthme est une maladie à prendre au sérieux », a rappelé l’Association Asthme et Allergies le 1er mai à l’occasion de la Journée mondiale dédiée à cette pathologie respiratoire, qui touche plus de 4 millions de personnes en France, dont 9 % d’enfants. Affection respiratoire chronique, l’asthme induit une inflammation des bronches qui se traduit par une hypersensibilité à différents facteurs, variables d’un patient à l’autre (virus respiratoires, allergènes – acariens, animaux domestiques, pollens, moisissures –, polluants, effort, temps froid…). Lorsqu’une crise se déclenche, la muqueuse bronchique s’enflamme, s’épaissit et produit du mucus qui encombre les voies aériennes. Les anneaux musculaires situés autour des bronches se contractent et rétrécissent les parois : le patient a du mal à respirer, il est essoufflé, tousse et ressent une oppression au niveau de la poitrine. « Parfois, les crises d’asthme nécessitent une hospitalisation, précise l’association dans un communiqué. En 2015, [il] a été responsable de 62 782 séjours hospitaliers et plus des deux tiers concernaient des enfants de moins de 15 ans. »

Banalisation des symptômes

Dès les premiers signes de la maladie (toux sèche fréquente, essoufflement, sensation d’oppression), il ne faut pas hésiter à consulter. L’asthme est encore sous-diagnostiqué, car il est mal connu du grand public et de nombreuses personnes ont tendance à banaliser ses symptômes. Or, si elle n’est pas soignée, cette affection peut s’aggraver jusqu’à mettre la vie en danger. Chaque année, en France, elle provoque un millier de décès chez les moins de 65 ans.
Même chez les patients, l’asthme n’est pas forcément pris au sérieux : chez 60 % d’entre eux, « la maladie n’est pas bien contrôlée », ajoute l’association. Or, un traitement mal adapté ou mal observé peut conduire à de la fatigue chronique et à des problèmes de concentration et avoir un impact important sur la vie quotidienne et professionnelle. Sans parler des crises qui risquent de se multiplier. Pour permettre aux patients de vérifier si leur maladie est correctement contrôlée, Asthme et Allergies propose un test de contrôle dans la brochure d’information qu’elle a publiée à l’occasion de la journée mondiale.

Contrôler sa maladie pour limiter les crises

Seul un asthme bien contrôlé permettra de limiter ses symptômes, d’obtenir une fonction respiratoire et de pratiquer des activités, même physiques, tout à fait normales. Actuellement, la prise en charge d’un asthme persistant associe un traitement de fond à base de corticoïdes inhalés à un traitement d’urgence constitué de médicaments bronchodilatateurs. Le premier, destiné à soigner l’inflammation, doit être pris quotidiennement et ne doit jamais être arrêté sans l’avis d’un médecin, même si l’on se sent mieux (l’amélioration de l’état du patient est justement dû au bon suivi de ce traitement). Le second intervient uniquement en cas de crise : il permet d’ouvrir les bronches et de soulager rapidement le patient.
Malgré cela, dans certains cas, deux situations d’urgence peuvent encore se produire : « la crise qui dure malgré le traitement d’urgence et la répétition des prises du bronchodilatateur et/ou la crise qui s’aggrave de façon rapide et brutale », explique le docteur Marc Sapène, pneumologue et président d’Asthme et Allergies. Dans ce cas, et d’autant plus si la personne ne parvient plus à parler, il faut immédiatement appeler le Samu et ne surtout pas l’emmener soi-même à l’hôpital. « Le temps est précieux et le trajet peut être fatal. Mieux vaut continuer de faire inhaler le bronchodilatateur et attendre l’arrivée des secours. »

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