Arthrose : les injections intra-articulaires bientôt déremboursées ?

, par  Delphine Delarue

Les autorités sanitaires souhaiteraient que les injections intra-articulaires d’acide hyaluronique destinées à soulager les patients arthrosiques ne soient plus remboursées par l’Assurance maladie. Une mesure qui, selon l’Association de lutte anti-rhumatismale (Aflar), signerait la fin de la prise en charge médicale de l’arthrose en France.

Un an et demi après les anti-arthrosiques symptomatiques d’action lente (Aasal), c’est au tour des injections intra-articulaires d’acide hyaluronique d’être sous la loupe des autorités sanitaires. Ce traitement de deuxième intention des douleurs de l’arthrose, également appelé visco-supplémentation, pourrait bientôt être totalement déremboursé. C’est du moins le souhait de la direction de la Sécurité sociale (DSS) et de la direction générale de la Santé (DGS), qui ont adressé une lettre d’intention en ce sens aux fabricants du traitement. Une volonté qui inquiète considérablement l’Association de lutte anti-rhumatismale (Aflar) : « L’abandon de la prise en charge médicale de l’arthrose se poursuit, déplore-t-elle dans un communiqué publié lundi. […] Ces traitements soulagent pourtant de très nombreux patients et améliorent leur qualité de vie. » Avec l’âge, le liquide synovial, qui sert notamment à lubrifier les articulations, diminue. L’arthrose s’installe et les douleurs peuvent vite devenir insupportables. La visco-supplémentation consiste à injecter de l’acide hyaluronique, une substance naturellement présente dans le liquide synovial, directement dans l’articulation touchée afin d’améliorer sa mobilité et de réduire les douleurs. Ce traitement intervient quand les anti-inflammatoires ou le paracétamol ne parviennent pas à soulager le patient.

10 millions de malades en France

« N’oublions pas que l’arthrose est une maladie très fréquente qui touche 10 millions de personnes en France, soit 17 % de la population, rappelle l’Aflar. Il s’agit de la première cause d’incapacité fonctionnelle pour les personnes de plus de 40 ans et la deuxième cause d’invalidité dans notre pays. » D’après l’association, dérembourser la visco-supplémentation signerait la fin de la prise en charge médicale de l’arthrose. Une telle décision entraînerait en outre des surcoûts bien plus importants que l’économie espérée, en conduisant les malades à se tourner vers des médicaments plus coûteux ou vers des prothèses de genou beaucoup plus onéreuses. « En France, on pose globalement deux fois moins de prothèses de genou par an que chez nos voisins européens, en partie grâce à cette prise en charge médicale de l’arthrose », précise l’Aflar. D’après une étude espagnole extrapolée à la France, la visco-supplémentation, qui coûte 48 millions par an pour 400 000 personnes traitées, permettrait d’éviter la pose de 190 000 prothèses par an. Or, « la pose d’une prothèse revient à 11 500 euros par an », conclut l’association, qui invite en outre les internautes à signer une pétition en ligne contre le déremboursement. Cette pétition a d’ores et déjà recueilli plus de 16 000 signatures.

DOSSIERS

Et si c’était la thyroïde ?

Vous vous sentez énervé, stressé, fatigué et un peu déprimé ? Votre thyroïde vous joue peut-être des tours. En s’emballant ou en devenant au contraire un peu paresseuse, cette petite glande endocrine, véritable chef d’orchestre du fonctionnement de nos organes, gâche la vie de plus de 6 millions de (...)

Quand les bactéries résistent aux antibiotiques

L’antibiorésistance constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces qui pèsent sur la santé mondiale. De plus en plus d’infections bactériennes deviennent difficiles à traiter car les médicaments perdent de leur efficacité. Chacun peut être touché, quel que soit son sexe, son âge ou son pays (...)

SOULAGER la douleur de l’enfant

Longtemps sous-estimée, voire totalement négligée, la prise en charge de la douleur chez l’enfant s’est beaucoup améliorée au cours des vingt dernières années. Elle reste cependant encore très inégale et trop souvent réduite à une simple prise de médicaments. Or, que ce soit en ville ou à l’hôpital, une (...)

Cuisiner, c’est bon pour la santé

Choisir des produits sains et se préparer à manger plutôt que recourir à des plats industriels est un moyen simple de préserver sa santé, d’autant qu’il n’est pas nécessaire d’être un véritable cordon-bleu pour se faire du bien. Cuisiner est aussi un formidable moyen de partager : faire découvrir aux (...)

ARTICLES RÉCENTS