Arthrose et obésité

Dans les années 80, la recherche clinique a montré que, outre la sénescence, le surpoids était un important facteur de risque de l’arthrose. « Dans le cartilage, explique le professeur Richette, professeur en rhumatologie à l’AP-HP Lariboisière* à Paris, il n’y a qu’un type de cellules : les chondrocytes, qui ont des mécanorécepteurs. A la surface, elles expriment des protéines capables de ressentir les contraintes mécaniques exercées sur le tissu. Quand ces dernières sont trop importantes, elles sont palpées par les mécanorécepteurs, qui envoient un signal d’information négatif à la cellule. Celle-ci va devenir un peu folle et secréter des éléments – des protéases, médiateurs de l’inflammation – qui vont dégrader le cartilage. C’est conceptuellement assez incroyable, mais c’est fondamental dans notre compréhension de la recherche sur l’arthrose : ce tissu se révèle capable de transformer un signal mécanique en signal biochimique. Cela ouvre des perspectives majeures sur le plan thérapeutique pour la mise au point d’un nouveau traitement. C’est aussi ce qui explique le lien entre surcharge pondérale et arthrose du genou. » Des études ont en effet démontré que plus le poids est excessif, plus le risque de souffrir plus tard d’une arthrose du genou est important. A l’inverse, il est possible qu’une diminution du poids réduise la survenue de la maladie. Enfin, si l’arthrose existe déjà et si un surpoids est présent, les lésions de l’articulation évolueront plus vite. Une personne en surpoids doit donc impérativement perdre des kilos.

* Unité Inserm 1132.

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