Arthrose du genou : polémique autour du déremboursement

, par  Vincent Portois

Le ministère de la Santé en a pris la décision : le déremboursement par la Sécurité sociale des injections d’acide hyaluronique pour les patients souffrant d’arthrose sera effectif début juin. Associations, syndicats médicaux et rhumatologues montent de nouveau au créneau.

Il y avait déjà eu un précédent en mars 2015, avec le déremboursement de médicaments anti-arthrosiques d’action lente, à l’instar de la chondroïtine ou du glucosamine. L’histoire se répète aujourd’hui avec un autre traitement phare, l’injection d’acide hyaluronique (ou viscosupplémentation), au grand dam des patients atteints par cette maladie chronique des articulations qui provoque une dégénérescence des cartilages. En France, ils sont 10 millions (soit 17 % de la population), dont près de 2,5 millions de personnes âgées souffrant de gonarthrose, l’arthrose du genou.
Le fameux « trou de la Sécu » doit se résorber et, depuis des années, la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts) cherche des solutions, en privilégiant notamment la prévention, l’amélioration des prescriptions, la réduction des frais de transport ou encore le déremboursement, comme celui de ces injections, dont le coût s’élève à environ 120 euros et qui, selon les autorités sanitaires, « présentaient un service rendu insuffisant pour leur maintien au remboursement » (Journal officiel du 28 mars).

A la recherche d’autres soins

Cet abandon de la prise en charge de la viscosupplémentation – un traitement qui permet pourtant d’atténuer la douleur et de rendre de la mobilité aux patients arthrosiques – a sidéré l’ensemble de la profession : en témoignent une pétition de protestation comptant des centaines de milliers de signatures, mais aussi la « profonde déception » exprimée tout au long d’un communiqué de l’Association française de lutte anti-rhumatismale (Aflar) daté du 31 mars. Pour la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), il s’agit même de « l’instauration d’une médecine à deux vitesses », dont les moins aisés vont pâtir. Selon des études récentes, la viscosupplémentation est le traitement le plus efficace « pour soulager les patients atteints de gonarthrose, avec le meilleur rapport bénéfice-tolérance, contrairement aux antalgiques et anti-inflammatoires aux effets indésirables plus fréquents et plus graves », explique la Confédération. Ce syndicat, tout comme celui des médecins rhumatologues, pense que les patients vont devoir opter pour des médicaments qui certes soulagent la douleur, mais qui exposent à de réels effets secondaires, sans parler de la propension à passer plus rapidement à la pose de prothèses, comme dans beaucoup de pays européens. Brigitte, une patiente atteinte d’arthrose depuis quatre ans, évoque cette solution onéreuse dans une vidéo pour l’association Aflar. Elle y explique les inconvénients des prothèses, leur coût important et leur durée de vie : « Il faut être réopéré à un moment pour en avoir de nouvelles, alors que les traitements permettent d’avoir une meilleure qualité de vie pendant plusieurs années ».

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