Après une fausse couche, n’attendez pas pour faire un nouveau bébé

, par  Juliette Bencivengo

Les 38es journées du Collège national des gynécologues et obstétriciens français se sont tenues du 3 au 5 décembre dernier au Cnit de Paris–La Défense. A cette occasion, de récentes études menées sur les suites des fausses couches ont été rendu publiques, et il en ressort une évolution des recommandations données aux femmes concernées.

C’est une petite révolution pour la santé féminine qui s’est produite début décembre aux 38es journées du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Jusqu’alors, une femme qui venait de faire une fausse couche précoce (avant la fin du premier trimestre) se voyait conseiller d’attendre au moins six mois avant toute nouvelle tentative de tomber enceinte, suivant les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais différentes études publiées récemment montrent que le lien de cause à effet en matière de conséquences néfastes qu’une fausse couche pourrait avoir sur la grossesse suivante si cette dernière survenait dans un court laps de temps n’est pas si clair qu’il le semblait. En particulier, une étude britannique de 2010 parue dans le British Medical Journal, menée sur plus de 30 000 femmes, a clairement montré que celles qui sont à nouveau enceintes dans les six mois après leur fausse couche avaient de plus fortes chances de vivre une grossesse avec des taux de complications moindres (nouvelle fausse couche, accouchement prématuré, césarienne, grossesse extra-utérine, etc.).

Un bilan est indispensable

Pour les gynécologues et obstétriciens français, les nouvelles consignes sont claires : le plus tôt, c’est le mieux. En revanche, dans le cas de fausses couches à répétition (plus de trois d’affilée avec le même père), un bilan est indispensable pour connaître la cause du problème (malformation, insuffisance hormonale, infection...), car, quelle qu’elle soit, s’exposer à un nouveau risque de fausse couche dans ces conditions pourrait sérieusement affecter le moral de la femme. Le corps médical préconise d’ailleurs aux victimes de fausses couches à répétition d’avoir recours à un suivi psychologique pour s’assurer qu’elles ne font pas un début de dépression, qui pourrait se révéler sévère chez certaines femmes trop éprouvées, aussi bien physiquement que moralement.

Café léger

Si les fausses couches précoces isolées sont généralement dues à une anomalie génétique qui empêche l’embryon de se développer normalement, les causes restent la plupart du temps inconnues. On sait cependant que certains facteurs peuvent accroître le risque de leur survenue. La consommation de tabac ou d’alcool est ainsi à proscrire. On parle moins du café, qui peut pourtant augmenter les risques : les médecins recommandent de ne pas en boire plus d’une tasse par jour.

Sources
- « Après une fausse couche, mieux vaut retomber enceinte dans les trois mois », Sciences et Avenir, 5 décembre 2014.
- « Après une fausse couche, inutile d’attendre pour faire un bébé », Pourquoidocteur.fr, 4 décembre 2014.
- « Nouvelle recommandation des gynécologues après une fausse couche », Santé Magazine, 4 décembre 2014.

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