Anticorps monoclonaux : de nouvelles armes anti-Covid ?

, par  Isabelle Coston

Un nouveau traitement contre la Covid-19 vient d’être autorisé en France. Il fait partie de ce que l’on appelle les anticorps monoclonaux. Comment agit-il ? Quel est son degré d’efficacité ?

En autorisant la mise sur le marché d’un nouveau traitement contre la Covid-19 à base d’anticorps monoclonaux, le gouvernement apporte une lueur d’espoir pour guérir les malades les plus sévèrement atteints. Connus et utilisés depuis de nombreuses années pour soigner des maladies auto-inflammatoires chroniques ou certains cancers, ces médicaments innovants pourraient aussi être utiles pour traiter les personnes touchées par la Covid-19.

Comment ça marche ?

Ils « miment la fonction des anticorps que notre corps pourrait fabriquer naturellement pour se défendre contre la présence d’un virus », explique le ministère des Solidarités et de la Santé. Administrés précocement aux personnes susceptibles de développer une forme grave de Covid-19, ces anticorps de synthèse pourraient freiner le développement de l’infection. Neutralisant la protéine spicule du Sars-CoV-2 qui lui permet de s’accrocher aux cellules, ils empêcheraient ainsi le virus de pénétrer dans les cellules et, par conséquent, de se multiplier dans l’organisme.

Un premier anticorps monoclonal autorisé en France

En France, le premier anticorps monoclonal, le Bamlanivimab (du laboratoire Eli Lilly), vient d’obtenir une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) pour être distribué dans certains hôpitaux.
Le patient doit toutefois être hospitalisé pendant plusieurs jours car le Bamlanivimab, injecté par perfusion, nécessite un suivi ainsi qu’un isolement. « Ce traitement complétera les mesures thérapeutiques déjà mises en place pour traiter les patients susceptibles de développer des formes graves de la Covid-19 », soulignent les autorités de santé, qui précisent qu’il sera réservé aux patients répondant à certains critères.

Indiqué seulement pour les plus fragiles

Les personnes âgées de plus de 80 ans avec une comorbidité sévère, ou celles souffrant d’un déficit d’immunité lié à une pathologie ou à des traitements (chimiothérapie, greffes...), pourront bénéficier de ce nouveau traitement. Autre condition : elles devront avoir été diagnostiquées positives et présenter des symptômes depuis moins de cinq jours. Passé ce délai, l’efficacité du traitement n’est en effet plus assurée. Il est donc conseillé aux personnes concernées de réaliser un test (test RT-PCR ou antigénique par prélèvement nasopharyngé) dès le premier jour d’apparition de symptômes.
« Une fois déclarée éligible par son médecin généraliste ou par un spécialiste, la personne est informée des bénéfices, des risques et des conditions d’utilisation », indique le ministère. Puis elle est dirigée vers un centre hospitalier proposant un traitement par anticorps monoclonaux.

Un traitement risqué ?

Si beaucoup d’espoir repose sur ces médicaments innovants, de nombreuses voix s’élèvent cependant contre la décision du gouvernement de mettre sur le marché français un produit sur lequel on manque encore de recul. Infectiologues et pharmacologues reprochent en effet aux pouvoirs publics d’avoir autorisé le Bamlanivimab alors qu’il n’a pas encore fait la preuve de son efficacité. Il risquerait même, selon eux, de favoriser l’émergence de nouveaux variants. Les patients immunodéprimés ont particulièrement besoin de ce type de traitement, leur organisme étant incapable de fabriquer lui-même suffisamment d’anticorps. Mais ce sont aussi ceux chez qui ces produits ont été le moins testés.

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