L’Anses déconseille les boissons énergisantes

, par  Enrique Moreira

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a remis, le 1er octobre, un rapport attendu sur les boissons énergisantes. Elle appelle à la vigilance des Français quant à l’usage de ce type de sodas, particulièrement lorsque ces derniers sont associés avec de l’alcool. Elle recommande également à l’ensemble de la population de diminuer sa consommation de boissons caféinées. Le député PS Gérard Bapt propose par ailleurs de créer une taxe pour dissuader les consommateurs.

Red Bull, Burn, Monster tuent-ils des gens ? C’est la question que les politiques, les scientifiques et les autorités sanitaires se posent depuis l’apparition, en 2008, de ces boissons énergisantes en France. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a remis le 1er octobre un rapport sur les conséquences de leur consommation, dans lequel elle préfère les appeler « boissons dites énergisantes » (BDE). Pour être précis, il s’agit de « sodas enrichis en diverses substances déjà présentes dans l’alimentation (caféine, guarana, taurine, vitamines, ginseng…) ». L’agence sanitaire en a recensé plus d’une centaine sur le marché français.

Risques cardiaques accrus

L’étude note que le seul point commun entre les différentes marques de BDE est leur teneur riche en caféine. « Une canette de 250 ml d’une de ces boissons dites énergisantes apporte en moyenne l’équivalent en caféine de deux cafés expressos (50 ml) ou de plus de deux cannettes de sodas au cola (330 ml) », a constaté l’agence sanitaire. Par ailleurs, elle a étudié 257 cas transmis par des médecins et en a conclu que ces sodas associés à de l’alcool ou à la pratique d’un sport peuvent déclencher des problèmes sévères d’ordre cardiaque, neurologique ou psychologique. La caféine contenue dans les boissons énergisantes, en effet, favorise la déshydratation, provoque une accélération du rythme cardiaque et peut déclencher des accouchements prématurés, sans compter les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et les accidents cardiaques que cela engendre.

18 % des 3-10 ans en consomment

Seulement voilà, ces boissons séduisent : les ventes de Red Bull ont progressé de 38 % en 2012 en France et une étude de l’Agence européenne de sécurité sanitaire (EFSA), réalisée en mars 2013, montre que 30 % des adultes en consomment, tout comme 68 % des 10-18 ans et même 18 % des 3-10 ans.
En raison de la caféine que ces produits contiennent, l’Anses recommande « d’éviter la consommation des BDE en association avec l’alcool ou lors d’exercices physiques » et invite les femmes enceintes et allaitantes, les enfants et les adolescents ( 11 % des 3-10 ans et 7 % des 11-14 ans ont atteint le seuil d’accoutumance à la caféine), ainsi que les personnes atteintes de pathologies cardiaques, psychiatriques ou neurologiques à s’abstenir d’en boire.

Une taxe dissuasive ?

L’Agence propose de mettre en place des mesures visant à encadrer la promotion de ces boissons. C’est aussi ce que souhaitent des associations de consommateurs, vis-à-vis de la référence au sport, notamment le sponsoring d’événement. Le député PS Gérard Bapt, très engagé contre les BDE, suggère quant à lui d’établir une taxe de 50 centimes par litre pour les boissons énergisantes contenant au moins 200 mg de caféine ou 300 mg de taurine. Une idée que Marisol Touraine avait déjà avancée à l’occasion du projet de loi de financement de la Sécurité sociale de 2013 et qui avait été retoquée par le Conseil constitutionnel, jugeant qu’elle n’était « pas fondée sur des critères objectifs et rationnels ». Pour l’heure, le ministre du Budget, Bernard Cazeneuve, a déclaré ne pas être « favorable à ce que l’on ajoute une taxe aux taxes ».

Sources
- « Boissons dites énergisantes : l’Anses met en garde contre des modes de consommation à risques », par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), 1er octobre 2013.
- « Evaluation des risques liés à la consommation de boissons dites énergisantes », avis de l’Anses, septembre 2013.
- « Vidéo : boissons énergisantes, des effets indésirables graves », par Lepoint.fr, 1er octobre 2013.

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