Alzheimer : seul un malade sur deux est diagnostiqué

, par  Michel Coladon

Le nombre de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer est sous-estimé en France et les structures adaptées pour les prendre en charge sont trop rares, estime Cap Retraite dans une étude publiée le 5 mai.

Officiellement, 500 000 personnes sont aujourd’hui touchées par la maladie d’Alzheimer en France, mais selon une étude de Cap Retraite publiée le 5 mai, elles seraient le double. Pour l’organisme, ce grand écart se justifie par une errance de diagnostic, plus ou moins important d’une région à l’autre. Dans les zones rurales de la Creuse, des Deux-Sèvres ou du Gers, seuls 15 % des malades seraient dépistés. Les régions les mieux loties, elles, affichent au mieux 30 % : ce sont les territoires urbains du Nord, des Bouches-du-Rhône et de Paris. Pourtant, depuis le plan Alzheimer 2008-2012, quatre cents centres de consultation mémoire ont vu le jour dans l’Hexagone pour épauler les médecins généralistes dans le dépistage, rappelle l’étude.

Des équipes et des structures insuffisantes

Une fois le diagnostic posé, la prise en charge est organisée selon l’avancée des symptômes. Or le nombre de places dans les structures adaptées est largement en dessous des besoins, relève Cap Retraite. Il faudrait ainsi multiplier par vingt le nombre de places en équipe spécialisée Alzheimer (ESA) et par dix celui des accueils de jour. Là aussi, les disparités régionales demeurent : la Lozère, le Vaucluse et les Pyrénées-Orientales sont les mieux équipés en ESA, tandis que la Seine-Saint-Denis, l’Aisne et la Meurthe-et-Moselle le sont le moins.
Quand la maladie évolue, ce sont les pôles d’activités et de soins adaptés (Pasa), unités spécialisées et fermées des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), qui accueillent les patients. Or seul un établissement sur six a intégré ce service, rapporte l’étude. Une généralisation est nécessaire, et il faudrait créer plus de 6 000 pôles, tous départements confondus. C’est dans le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence et la Loire que les Pasa sont les plus développés, les derniers de la liste étant Paris, l’Aude et le Val-d’Oise.
Au final, ce sont 130 000 places supplémentaires, tous services confondus, qui seraient nécessaires pour prendre en charge l’ensemble des malades souffrant d’Alzheimer.

Source
- « Un malade d’Alzheimer sur deux ne serait pas diagnostiqué en France », Lemonde.fr, 5 avril 2015.

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