Alimentation : l’Anses actualise ses recommandations nutritionnelles

, par  Vincent Portois

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) vient de procéder à une mise à jour de ses recommandations nutritionnelles, dont la plupart sont intégrées au Programme national nutrition santé (PNNS). Les slogans bien connus du grand public restent d’actualité.

« Manger au moins cinq fruits et légumes par jour », « limiter les matières grasses » ou encore « boire un 1,5 litre d’eau par jour » (« sans modération », en réalité) sont des recommandations bien ancrées dans l’esprit de la plupart des Français, et ce depuis leur lancement, en 2002, par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Saisie par la Direction générale de la santé (DGS) dans le cadre du Programme national nutrition santé (PNNS), cette dernière a publié, le mardi 25 janvier 2017, ses avis relatifs à l’actualisation des repères de consommation alimentaire pour la population adulte. Les préconisations particulières pour les femmes enceintes, les enfants et les seniors seront précisées ultérieurement, tout comme les besoins alimentaires en vitamine D, « en raison notamment de la difficulté à estimer la quantité de vitamine D synthétisée par l’organisme grâce à l’exposition solaire ».
Ces nouveaux avis de l’agence sont les bienvenus, car « l’évolution des données scientifiques au cours des dix dernières années a permis une révision des repères de consommations alimentaires et d’activité et, plus généralement, du socle scientifique permettant d’asseoir les objectifs de santé publique en lien avec l’alimentation et l’activité physique ». Le site Mangerbouger.fr et ses slogans à destination du grand public devraient donc prochainement subir un lifting de la part de Santé publique France. Selon le quotidien Le Monde, l’enjeu est de taille, car « de nombreux travaux scientifiques ont mis en évidence le rôle des facteurs nutritionnels (incluant l’activité physique) dans le déterminisme des maladies chroniques, le diabète, l’obésité, le cancer, les maladies cardiovasculaires… ».

Couvrir ses besoins en limitant les excès

Depuis l’arrivée des repères nutritionnels, la viande, le sel et le sucre sont constamment dans le viseur des chercheurs et, selon ces derniers, doivent encore être limités dans notre alimentation. Ainsi, l’Anses recommande désormais seulement 70 grammes par jour de viande hors volaille (bœuf, porc, agneau…), en ne dépassant pas 500 grammes par semaine, et « insiste sur la nécessité de réduire considérablement la consommation de charcuterie afin qu’elle ne dépasse pas 25 grammes par jour ». Le poisson, quant à lui, doit figurer au menu deux fois par semaine, et une fois sur deux on choisira un poisson gras de type sardine ou maquereau. Le Monde rapporte que « sept associations (WWF, France Nature Environnement…) se sont félicitées de [cette] incitation à réduire les protéines animales, [même si] elles regrettent le manque de lien avec une agriculture durable, notamment l’agriculture biologique ».
Apporteurs de fibres, de minéraux et de multiples vitamines, les fruits et légumes restent bien sûr des aliments de choix, l’agence invitant à renforcer la consommation de légumes, mais aussi de légumineuses (pois chiches, lentilles, fèves...). Les produits céréaliers les moins raffinés (pain, pâtes et riz semi-complets ou complets) sont à privilégier, et l’eau sera toujours préférée aux boissons sucrées de type soda ou jus de fruits, la consommation de celles-ci devant « être inférieure à un verre par jour ». Enfin, les Français, grands amateurs de sel, auraient tout intérêt à se restreindre sur ce point.
En somme, tout les groupes d’aliments peuvent se révéler bons pour l’organisme, parfois même essentiels, la question étant de savoir rester un consommateur raisonnable.

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