Alimentation et prévention

, par  Isabelle Delaleu

Alors que les Français ne font que grossir et que presque un sur deux est trop gros (32 % des adultes sont en surpoids et 17 % sont obèses), comment agir contre l’obésité dès le plus jeune âge ? Si certains messages semblent connus (comme l’importance des fruits et légumes), ils sont trop peu suivis, surtout quand on connaît l’appétence naturelle de l’humain pour le sucre et le gras, sans parler de la publicité qui vante sans complexe les vertus d’aliments industriels trop riches, si facilement disponibles… et engloutis. Que peut-on faire pour aider son enfant à adopter de bonnes bases alimentaires ?

• Allaiter le plus longtemps possible : une durée d’allaitement supérieure à six mois réduit le risque de surpoids de 30 % et celui d’obésité de 40 %. Quant aux laits maternisés pour premier âge, on les estime trop riches en acides gras polyinsaturés, qui favoriseraient le développement de cellules adipeuses. Leur rôle dans l’augmentation de l’obésité reste mal défini, mais il n’est vraisemblablement pas nul.

• Ne pas obliger un enfant à finir son assiette : selon un rapport de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) de 2009, les jeunes enfants (avant 5 ans) ont la capacité d’ajuster leurs prises alimentaires à leurs besoins en équilibrant leur apport énergétique sur quelques jours. Ils mangent donc de façon spontanée, plus ou moins selon leurs besoins, et il est ainsi inutile de les forcer à finir ou à manger un dessert quand ils n’ont plus faim.

• Eviter le grignotage : le goût pour les douceurs est déjà présent chez le nourrisson, mais le réflexe de donner des aliments très riches, gras ou sucrés, qui risquent de couper la faim aux repas principaux, peut s’ancrer et devenir délétère. Les produits de « plaisir » (sucreries, gâteaux…) ne doivent pas être quotidiens, mais rester des exceptions festives. De la même façon, aucun aliment ne doit être donné en récompense. Le grignotage augmente la prise énergétique globale de la journée et modifie les sensations de faim et de satiété. On le retrouve quasi systématiquement dans les cas d’obésité.

• Apprendre à votre enfant à bien mâcher : cela favorise la digestion et évite qu’il ne se « gave » à toute allure. Il est prouvé que les enfants obèses mâchent moins et mangent plus vite : dans le même temps, ils mangent donc plus, alors que la mastication participe à la sensation de rassasiement.

• Surveiller la variété de l’alimentation : le panel d’aliments proposés doit être le plus large et varié possible.

• Ne pas forcer sur les protéines : bon nombre d’enfants en bas âge en mangent trop, notamment de la viande, et trop souvent, parfois le double de la dose recommandée pour leur âge. Or, les protéines pourraient avoir une influence sur le rebond d’adiposité. Il faut donc respecter les recommandations pour chaque âge, données par la Protection maternelle et infantile (PMI) ou le pédiatre.

• Maintenir le repas familial, à table et sans télévision : c’est un moment essentiel, à la fois convivial et équilibré, qui permet de manger plus varié (plus que de piocher dans le réfrigérateur des produits tout prêts).

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