Alcoolisation fœtale : danger au premier verre

, par  Aude Malaret

Un seul verre d’alcool peut avoir des conséquences irréversibles sur le développement de l’enfant à naître et être à l’origine de malformations. Les autorités sanitaires recommandent d’arrêter toute consommation d’alcool dès le début de la grossesse et pendant toute sa durée.

Pour protéger le cerveau de son enfant, il est recommandé de ne pas consommer d’alcool pendant la grossesse, rappelle l’association Syndrome d’alcoolisation fœtale, (SAF France), qui s’est mobilisée le 9 septembre dernier à l’occasion de la journée internationale de prévention de lutte contre ce danger. L’exposition prénatale à l’alcool est la première cause de handicap mental d’origine non génétique chez l’enfant en France, comme dans d’autres pays occidentaux. Chaque année, 1 % des nouveau-nés, soit environ 8 000 bébés, sont atteints du syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF), selon l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). Cela se traduit par des malformations physiques, des retards de développement ou encore des troubles du comportement et entraînent notamment des difficultés d’apprentissage scolaire, des répercussions génératrices de conduite d’exclusion sociale. Dans sa forme la plus grave, qui concerne 800 enfants par an, le SAF complet se manifeste par des anomalies faciales, des retards de croissance, une malformation de la boîte crânienne et du cerveau et des dommages du système nerveux central.

La modération n’exclut pas les risques

Quels que soient le stade de la grossesse ou la quantité d’alcool ingérée, cette consommation, même ponctuelle, entraîne des risques importants pour l’enfant à naître. L’alcool passe du sang maternel vers le sang du fœtus, au travers du placenta, et agit sur l’embryon et le fœtus, notamment sur son système nerveux et son cerveau. Lorsqu’une femme enceinte boit un verre, il y a donc rapidement autant d’alcool dans le sang de son bébé que dans le sien, voire même davantage compte tenu du poids du fœtus et du fait que son foie n’est pas assez fonctionnel pour l’éliminer correctement. S’abstenir de boire de l’alcool vaut pour toutes les occasions de consommation, qu’elles soient quotidiennes, ponctuelles ou festives, rappelle l’INPES.

Des précautions parfois mal comprises

Depuis 2007, un pictogramme est apposé sur les bouteilles et les emballages des alcools pour inciter les femmes enceintes à ne pas en consommer et rappeler à leur entourage qu’il y a un risque pour le bébé. Car il est parfois difficile de concevoir que toutes les boissons alcoolisées, vin, bière ou spiritueux, sont aussi toxiques les unes que les autres pour le fœtus. Une enquête menée en 2006 montrait également que la signification de la recommandation « ne pas boire » excluait « boire occasionnellement » ou « à faible dose ». Une grande majorité de Français (82 %) a cependant conscience qu’il ne faut pas boire d’alcool pendant la grossesse.

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