Prestations sociales : que savent exactement les Français ?

, par  Isabelle Coston

Dans sa dernière étude sur les prestations sociales, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a cherché à mesurer le niveau d’information de la population française en matière d’aides sociales.

D’après le baromètre d’opinion de la Drees publié ce 4 mars*, la grande majorité des Français (au moins 90 %) a déjà entendu parler des allocations familiales, des aides au logement, du revenu social d’activité (RSA) ou de la couverture maladie universelle complémentaire (CMUC) et plus de la moitié est au fait des conditions d’éligibilité. Trois personnes sur quatre connaissent la prime pour l’emploi (PPE), l’allocation aux adultes handicapés (AAH) et le minimum vieillesse, ou allocation de solidarité aux personnes âgée (ASPA). Un Français sur deux ignore en revanche l’existence de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), de l’aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS) ou de l’aide médicale d’Etat (AME).

L’ACS, la plus méconnue

Plusieurs facteurs pourraient expliquer que des prestations soient davantage présentes dans les esprits que d’autres. Le nombre de bénéficiaires en est un : « Les allocations familiales, perçues par 4,9 millions de ménages en 2014, constituent en effet la prestation la plus connue, à l’opposé de l’AME, attribuée cette même année à 0,3 million de personnes. » Mais ce n’est pas la seule explication, selon la Drees, qui pointe la moindre « exposition médiatique » de certains dispositifs. L’ACS, par exemple, est moins bien appréhendée que l’AME, « alors qu’elle profite à quatre fois plus de personnes ».

Des différences selon l’âge, le sexe et le milieu social

L’enquête souligne que « la connaissance des prestations varie selon les groupes sociaux : elle est moins élevée chez les hommes, les ouvriers, les jeunes et les plus de 70 ans ». Ce ne sont pas forcément les personnes éligibles qui sont les mieux informées sur les aides auxquelles elles ont droit. La Drees relève ainsi que « les personnes dont la catégorie socioprofessionnelle et le niveau de diplôme sont les plus élevés déclarent plus souvent que les autres connaître l’AME, alors qu’elles ne font pas partie des publics ciblés ». Idem pour le minimum vieillesse, qui « est mieux connu des populations ayant un niveau de vie élevé que des plus modestes ». Le même phénomène est constaté pour la CMUC et le RSA.

Un déficit d’information pour les critères d’éligibilité

Le public ciblé par les aides est quand même, généralement, « plutôt mieux informé que l’ensemble de la population ». L’enquête de la Drees relève néanmoins des lacunes concernant les critères d’éligibilité, y compris parmi les bénéficiaires : « Près d’un titulaire du RSA sur cinq déclare ne pas savoir du tout ou pas très bien à qui cette prestation est destinée ; c’est aussi le cas de plus d’un quart des bénéficiaires des AL (aides au logement, NDLR) et d’une part encore plus élevée de ceux qui perçoivent l’AAH ou l’APA. »
Parmi les personnes ayant un faible niveau de revenus, nombreuses sont celles qui ignorent quels sont les critères d’attribution de prestations sociales auxquelles elles pourraient peut-être prétendre. La Drees évoque ce manque d’information comme principale raison de non-recours aux aides, tout en soulignant que, bien que le RSA et la CMUC soient bien connus du grand public, le taux de non-recours reste élevé.

* « Prestations sociales : les personnes éligibles sont-elles les mieux informées ? », Etudes et Résultats, Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), mars 2016.

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