Aidants familiaux : le futur congé rémunéré autour de 40 euros par jour

, par  Isabelle Coston

Le gouvernement vient d’annoncer que le congé alloué aux proches aidants serait indemnisé aux alentours de 40 euros par jour. Une bonne nouvelle pour ceux qui doivent s’arrêter de travailler pour aider un proche car jusqu’à présent, aucune indemnisation n’était prévue.

Les proches aidants, autrement dit ceux qui accompagnent au quotidien un parent âgé, un proche atteint d’une maladie chronique ou encore un enfant handicapé, par exemple, auront bientôt droit à un congé pour aider un proche dépendant, qui sera rémunéré à hauteur de 40 euros net par jour. Il sera inscrit dans la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2020, présentée fin septembre. Cette annonce faite par le cabinet de la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn sonne comme une reconnaissance. « C’est un premier soulagement pour les familles », a salué vendredi 13 septembre sur Franceinfo Emma Berger, fondatrice de Coorganiz, une application créée pour épauler les proches aidants, avant d’ajouter : « Le fait que ça soit légiféré, c’est un grand pas en avant dans le fait de reconnaître que ces personnes ont le droit à plus de flexibilité que les autres. »

Concilier vie personnelle et professionnelle

L’ouverture à une indemnisation permettra en effet de « faciliter la conciliation de la vie professionnelle et de la vie personnelle » des aidants et de « soutenir » ceux qui subissent d’importantes pertes de salaires, comme l’a déclaré début juillet Agnès Buzyn. Le gouvernement prévoit également d’en tenir compte dans la future réforme des retraites, en faisant entrer ce congé dans le calcul de la retraite des aidants. Lors d’une conférence de presse, le 25 avril dernier, le président Emmanuel Macron avait d’ailleurs souligné le besoin de mieux « reconnaître » le rôle des aidants familiaux, soulignant la nécessité de « bâtir une place pendant la réforme des retraites et […] construire des droits [à] celles et ceux, souvent les femmes, qui ont mis entre parenthèses ou sacrifié leur vie professionnelle pour s’occuper d’un enfant en situation de handicap, d’un proche, une personne de la famille devenue dépendante ».

Un congé jusqu’alors peu demandé

Sur les 8 à 11 millions de proches aidants en France, près de 4 millions ont un emploi. Pour ces derniers la possibilité de prendre un congé spécifique d’une durée maximale de trois mois, fractionnable, a été mise en place en 2017, dans le cadre de la loi d’adaptation de la société au vieillissement (ASV). Mais ils ont été peu nombreux à profiter de ce nouveau dispositif. Seuls 2 % d’entre eux y ont eu recours, l’une des principales raisons étant certainement l’absence d’indemnisation. Même si les associations considèrent que cette nouvelle mesure apporte un soulagement dans le quotidien des actifs qui viennent en aide à un proche dépendant, elles soulignent cependant l’insuffisance des dispositions actuelles. S’occuper d’un enfant handicapé ou d’un parent atteint d’Alzheimer, par exemple, demande un investissement bien plus important que trois mois par an.

SUR LE MÊME SUJET

DOSSIERS

Et si c’était la thyroïde ?

Vous vous sentez énervé, stressé, fatigué et un peu déprimé ? Votre thyroïde vous joue peut-être des tours. En s’emballant ou en devenant au contraire un peu paresseuse, cette petite glande endocrine, véritable chef d’orchestre du fonctionnement de nos organes, gâche la vie de plus de 6 millions de (...)

Quand les bactéries résistent aux antibiotiques

L’antibiorésistance constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces qui pèsent sur la santé mondiale. De plus en plus d’infections bactériennes deviennent difficiles à traiter car les médicaments perdent de leur efficacité. Chacun peut être touché, quel que soit son sexe, son âge ou son pays (...)

SOULAGER la douleur de l’enfant

Longtemps sous-estimée, voire totalement négligée, la prise en charge de la douleur chez l’enfant s’est beaucoup améliorée au cours des vingt dernières années. Elle reste cependant encore très inégale et trop souvent réduite à une simple prise de médicaments. Or, que ce soit en ville ou à l’hôpital, une (...)

Cuisiner, c’est bon pour la santé

Choisir des produits sains et se préparer à manger plutôt que recourir à des plats industriels est un moyen simple de préserver sa santé, d’autant qu’il n’est pas nécessaire d’être un véritable cordon-bleu pour se faire du bien. Cuisiner est aussi un formidable moyen de partager : faire découvrir aux (...)

ARTICLES RÉCENTS