Grand âge : les Français se font du souci pour leur prise en charge

, par  Isabelle Coston

Si l’on en croit un récent sondage sur le grand âge, la dépendance et l’accompagnement du vieillissement, les Français affichent un fort pessimisme concernant leur prise en charge s’ils venaient à perdre leur autonomie.

La moitié de la population française s’inquiète pour ses vieux jours. Un sondage réalisé par Odoxa, Baromètre santé 360 : grand âge, dépendance et accompagnement du vieillissement, publié le 3 juillet 2017, montre en effet que ce sujet, qui préoccupe neuf Français sur dix, est envisagé avec beaucoup d’appréhension.
La perte d’autonomie représente la plus grande angoisse, puisqu’elle est redoutée par 51 % des personnes interrogées. Les difficultés financières (37 %) viennent en deuxième position, devant la peur de devenir un poids pour ses proches (34 %), la maladie (32 %) et l’isolement (15 %). Cette inquiétude est accentuée par le fait que, selon les sondés, les mesures de prises en charge sont insuffisantes. En effet, environ deux tiers des Français (68 %) jugent insatisfaisante la prise en charge actuelle et 65 % doutent de leur capacité à accéder aux services et aux aides dont ils pourraient avoir besoin en vieillissant.

Une méconnaissance des dispositifs

L’étude révèle par ailleurs que 82 % des sondés ont une mauvaise connaissance des dispositifs de prise en charge de la perte d’autonomie. Les trois quarts les jugent « complexes, peu efficaces, pas adaptés à leurs besoins et peu accessibles ». A la question : « Avez-vous le sentiment que les actions et politiques publiques actuelles sont adaptées aux défis du grand âge et de la perte d’autonomie ? », la réponse est sans appel : pour 89 %, c’est non, et le chiffre s’élève même à 97 % chez les plus de 65 ans. Pour 58 % des sondés, le reste à charge pour les familles est trop important ; les autres raisons invoquées sont le manque d’information au sujet des aides proposées (18 %), leur complexité (14 %) et leur difficulté d’accès (10 %).

Le maintien à domicile plébiscité

Si le personnel des établissements d’hébergement de personnes (Ehpad) bénéficie d’une bonne image (60 %), il n’en va pas de même pour ces structures : 56 % des sondés en ont une image négative, qu’ils relativisent toutefois en invoquant un manque cruel de moyens (84 %). Il n’est donc pas étonnant que 51 % déclarent préférer adapter leur domicile pour y « rester en bonne santé et sécurité », contre 15 % qui envisagent d’intégrer un établissement spécialisé et 34 % d’alterner entre présence à domicile et hébergement temporaire en Ehpad. S’ils étaient atteints de troubles cognitifs, la plupart (46 %) pensent qu’il leur faudrait intégrer un établissement spécialisé, 28 % aimeraient pouvoir alterner domicile et structure spécialisée, et 25 % souhaiteraient adapter leur logement pour pouvoir y rester. Or, pour rester chez soi dans les meilleures conditions, un effort doit être fait par la collectivité. Pour cela, la plupart des personnes interrogées se disent favorables à la mise en place d’un financement spécifique de l’Etat pour les technologies d’aide au maintien à domicile, comme des alertes automatiques en cas de problème de santé ou des outils connectés pour la télésurveillance et le suivi médical.

Du côté des aidants familiaux

L’enquête consacre un volet aux aidants familiaux qui, en raison de l’absence de prise en charge suffisante des personnes âgées dépendantes, doivent s’occuper d’un proche. Sur ce point, les aidants interrogés s’estiment, eux-aussi, négligés par les pouvoirs publics. Bien qu’ils représentent près de huit millions et demi de Français, plus de huit aidants sur dix ne bénéficient d’aucune aide, et la moitié d’aucune solution de recours. Ces aidants demandent plus de technologie pour alléger leur quotidien et mieux accompagner leurs proches dépendants. Parmi les solutions citées, 68 % votent pour les alertes automatiques en cas de problème de santé et 63 % pour la télésurveillance médicale et le suivi médical.

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