Santé en entreprise : les salariés mal informés

, par  Delphine Delarue

Selon une étude de l’institut Viavoice, si les salariés jugent les actions de santé menées à leur intention essentielles au bon fonctionnement de l’entreprise, ils s’estiment cependant mal renseignés sur ce qui est concrètement proposé par leur employeur.

Complémentaire santé, médecine du travail, comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), actions de prévention en matière de sécurité, présence d’une trousse de médicaments courants ou accès à une infirmerie… : autant de dispositifs de santé généralement mis en place dans les entreprises et à propos desquels les salariés s’estiment mal renseignés. Selon l’observatoire Entreprise et Santé, une enquête menée par la société d’études Viavoice pour le groupe Harmonie mutuelle, seul un salarié sur deux se déclare « bien informé » à ce sujet et la majorité des salariés (61 %) pensent que peu, voire aucune action n’est menée en direction de leur santé. Des résultats plutôt décevants, dans la mesure où ces initiatives sont désormais jugées « essentielles » à la bonne marche de l’entreprise, que ce soit du point de vue des employés ou des employeurs. Parmi les dirigeants du secteur privé interrogés, 90% considèrent même que c’est le rôle de l’entreprise de contribuer à la bonne santé des salariés et jugent remplir correctement cette mission. Contrairement à ce que semblent percevoir leurs employés, ils sont en effet 79 % à estimer « nombreuses » le nombre d’actions de santé menées dans leur structure.

Impact sur le climat interne, l’ambiance de travail et la productivité

Qu’il s’agisse des salariés ou des employeurs, tout le monde est d’accord pour dire que les actions de santé dans l’entreprise sont incontournables. Sur le plan humain et organisationnel par exemple, 70 % des salariés, 78 % des dirigeants du secteur privé et 75 % des managers du secteur public jugent qu’elles ont « un impact important sur le climat de confiance dans l’entreprise ». Respectivement 68 %, 76 % et 75 % les estiment « importantes pour l’ambiance de travail ». Des taux élevés, qui mettent en exergue « le lien fort existant entre bien-être individuel et bien-être collectif, mais aussi entre santé et propension à aller vers les autres et à travailler avec les autres », analyse François Miquet-Marty, président de l’institut Viavoice.
Pour la grande majorité des acteurs interrogés, ces initiatives auraient même des conséquences positives « sur la productivité » et « la situation économique de l’entreprise », voire sur « l’attachement des collaborateurs » à leur société.

Lutter contre les risques psychosociaux

L’étude fait également ressortir le fait que les salariés souhaiteraient voir davantage d’actions destinées à lutter contre les risques psychosociaux (moins de pression sur les objectifs, mesures contre le stress). De leur côté, les dirigeants, surtout dans le secteur privé, envisagent plutôt des initiatives destinées à développer l’information sur ce qui existe déjà et plus d’actions de prévention des risques immédiats (installation de défibrillateurs par exemple). Seuls 28 % font de la lutte contre le stress une priorité.
Enfin, l’étude nous apprend que cette question de la santé en entreprise ne s’appréhende pas du tout de la même façon si l’on évolue en TPE, en PME ou dans une structure plus importante. Ainsi, si les plus grandes entreprises proposent davantage d’actions concrètes comme la présence d’un CHSCT, d’une infirmerie ou l’accès à de la restauration collective, c’est aussi là que l’on rencontre le plus de stress, de pression sur les objectifs et de problèmes relationnels avec la hiérarchie. A l’inverse, si les petites entreprises ont plus de difficultés, notamment économiques, à mettre en place des structures dédiées, elles se distinguent généralement par une « meilleure écoute et une meilleure attention au quotidien », conclut François Miquet-Marty.

Sources
- « Un salarié sur deux “mal informé” des dispositifs de santé », Lemonde.fr avec AFP, 1er septembre 2014.
- « Les salariés connaissent peu les actions de santé dans leur entreprise », Charles Derrac, Le Figaro, 1er septembre 2014.
- Observatoire Entreprise et Santé, Viavoice-Harmonie mutuelle, septembre 2014.

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