Acné : les nouvelles recommandations de la HAS

, par  Catherine Chausseray

Huit ados sur dix sont importunés par des boutons disgracieux qui s’enflamment et peuvent laisser de vilaines cicatrices à vie. Ce que l’on sait moins, c’est que 12 % des femmes adultes sont également touchées. La Haute Autorité de santé (HAS) et la Société française de dermatologie (SFD) préconisent d’adapter le traitement anti-acnéique au cas par cas.

L’acné n’est pas un mal anodin, elle peut gâcher le quotidien et altérer la qualité de vie : le risque de dépression, par exemple, est plus élevé chez les adolescents qui en sont atteints. Heureusement, quand le traitement est adéquat et qu’il est bien suivi, cette maladie de la peau se soigne plutôt bien. Certains médicaments, susceptibles d’entraîner des effets secondaires, nécessitent toutefois de prendre des précautions. A la suite d’études et de retours d’expériences cliniques, la Haute Autorité de santé (HAS) et la Société française de dermatologie (SFD) ont donc récemment mis à jour leurs recommandations de prise en charge des patients acnéiques.

La pilule contraceptive en deuxième recours

Il était courant d’administrer la pilule contraceptive Diane 35 pour lutter contre l’acné, même si la patiente n’avait pas besoin de prendre un contraceptif. En raison des risques avérés de thrombose veineuse, la HAS recommande de ne plus la prescrire qu’en deuxième recours. Désormais, pour une acné légère à moyenne, les médecins (généralistes, dermatologues, gynécologues) sont invités à privilégier dans un premier temps les traitements locaux, crèmes ou gels à base de peroxyde de benzoyle ou de vitamine A (acide rétinoïque), qui ont fait la preuve de leur efficacité.

Un recours moins systématique aux antibiotiques

Ce traitement externe peut éventuellement être associé à la prise d’antibiotiques par voie orale (doxycycline ou lymécycline), y compris en traitement d’attaque, mais, comme c’est le cas pour d’autres maladies, « il convient de limiter leur utilisation aux situations où ils sont nécessaires, en raison de l’augmentation des souches bactériennes résistantes », précise la Société française de dermatologie. La HAS alerte également sur ces risques d’antibiorésistance, alors que des traitements plus efficaces existent. De plus, les antibiotiques doivent être pris pendant plusieurs mois, pour des résultats qui ne sont pas toujours au rendez-vous.

De l’importance d’un traitement suivi jusqu’au bout

La réussite du traitement dépend aussi, pour beaucoup, de l’attitude du patient. Ce dernier ne doit pas, en effet, l’abandonner en cours de route. Pour que l’acné puisse être résorbée de façon durable, il faut du temps. Partant du constat qu’« à ce jour moins d’un patient sur deux (de 32 à 50 %) suit correctement le traitement qui lui a été prescrit », la HAS insiste sur la nécessité, pour une guérison définitive, d’une bonne communication du médecin avec son patient et d’un suivi personnalisé. La Société française de dermatologie enfonce le clou en soulignant que, « si le traitement d’attaque a pour but d’obtenir une réduction importante ou une disparition des lésions et de prévenir la survenue de lésions cicatricielles, celui du traitement d’entretien est d’éviter les rechutes ».

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