Accords du Ségur de la santé : la Mutualité française se félicite et propose d’aller encore plus loin

, par  Isabelle Coston

La Mutualité française se dit satisfaite des conclusions du gouvernement après le Ségur de la santé, la grande concertation mise en place en juillet pour dessiner l’avenir de l’hôpital en France.

S’appuyant sur le rapport remis par Nicole Notat, animatrice du Ségur de la santé, Olivier Véran, le ministre des Solidarités et de la Santé, a rendu ses conclusions. Cette grande concertation, qui a réuni en juillet tous les acteurs du monde hospitalier, a permis de dresser les grandes lignes des orientations à donner « afin de poursuivre la modernisation du système de santé en France et d’améliorer le quotidien des soignants ainsi que la prise en charge des patients », indique le ministère.
Dans un communiqué publié le 23 juillet, la Mutualité française « salue la qualité des travaux menés par Nicole Notat » et propose « d’aller encore plus loin ». Dans le prolongement du Ségur, elle recommande en effet « de consolider ou construire des mesures complémentaires ».

Revalorisation des salaires et ouvertures de lits

Première décision du gouvernement qu’approuve Thierry Beaudet, le président de la Mutualité française : l’augmentation des rémunérations des soignants, car, déclare-t-il, « cet accord trouvé avec l’ensemble des parties prenantes est l’un des fondements de la reconstruction du système de santé. On ne peut rien faire sans les femmes et les hommes qui le font vivre au quotidien ». Cette revalorisation s’appliquera à la fois au secteur public et privé, au sanitaire ainsi qu’au médico-social. « Les Français ne perçoivent pas ou peu les changements malgré plusieurs réformes menées ces dernières années, souligne-t-il. Les professionnels de santé quant à eux restent en attente d’évolutions plus profondes. Il faut avancer plus vite et avec des résultats tangibles. Le Ségur s’inscrit dans cette dynamique. »

Tirer les leçons de la crise sanitaire…

Si la pandémie a révélé des dysfonctionnements du système de santé, c’est au niveau de la prise en charge des personnes âgées qu’ils ont été les plus marquants. C’est la raison pour laquelle la Mutualité française propose une refonte du modèle de l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) « pour mettre en place un accompagnement de la perte d’autonomie qui garantisse à chacun la liberté de choix du lieu de vie, renforcer ses compétences médicales et les ouvrir sur le territoire, afin d’en faire un centre de ressources gériatriques », indique Thierry Beaudet.
L’ouverture ou la réouverture de lits « à la demande » fait également partie du lot de mesures retenues par Olivier Véran. Celles-ci avaient été préconisées par la Mutualité française. Car il s’agit bien de tirer toutes les leçons de la gestion de la crise sanitaire afin de remédier aux difficultés auxquelles ont été confrontés les personnels hospitaliers : l’engorgement des hôpitaux et le manque criant de lits dans les services d’urgence et de réanimation, notamment. Cette augmentation du nombre de lits s’accompagnera donc d’un déploiement des infirmiers en pratique avancée, du développement de la télémédecine, de l’exercice coordonné pour l’accès aux soins non programmés ou encore du développement des hôtels hospitaliers.

… et accélérer la transformation du système de santé

« Ces actions sont à renforcer pour favoriser le lien entre les acteurs de santé, pour mettre fin au morcellement de l’offre de soins de premier recours, pour fluidifier les parcours, pour mieux orienter les patients, poursuit Thierry Beaudet, avant d’ajouter : La Mutualité française souhaite une nouvelle coordination de la médecine de ville et une accélération des coopérations ville-hôpital. » Parmi toutes les autres mesures identifiées comme vitales, l’institution a insisté sur la nécessité de réorganiser l’offre de soins au niveau des territoires. Une des pistes envisagées est par exemple de « conforter les compétences des agences régionales de santé (ARS) sur deux missions : la sécurité sanitaire et la régulation de l’offre, note-t-il. C’est avec une parfaite connaissance de l’offre et de ses capacités de coopération que les ARS pourront organiser la réponse tout autant aux besoins de santé spécifiques au territoire qu’à une crise sanitaire. »

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