Accidents du travail : la lombalgie coûte près de 1 milliard d’euros par an

, par  Léa Vandeputte

Si l’Assurance maladie note une baisse sensible du nombre d’accidents du travail, celui des lombalgies ne diminue pas et représente 20 % des cas. Ce chiffre confirme que le mal de dos, avec un coût de 1 milliard d’euros par an, est le mal du siècle.

La branche accidents du travail-maladies professionnelles (AT-MP) de l’Assurance maladie a publié, mardi 15 novembre, son rapport annuel. Il révèle que, « depuis deux ans, la fréquence des accidents du travail, de trajet et des maladies professionnelles se stabilise ». Elle est ainsi de 33,9 accidents pour 1 000 salariés en 2015, un des taux les plus bas depuis soixante-dix ans. Autre chiffre révélé par le rapport : les lombalgies représentent 20 % des AT et leur nombre ne diminue pas depuis dix ans, en dépit de la baisse globale du nombre d’accidents. En 2015, elles représentaient également près de 15 % des accidents de trajet et 7 % du total des maladies professionnelles reconnues. Cette pathologie coûte près de 1 milliard d’euros par an à la branche AT-MP, soit l’équivalent du coût total des autres troubles musculo-squelettiques (TMS).

Un risque accru dans les services à la personne

Les principales causes de lombalgies liées au travail sont la manutention manuelle (au moins 50 % des cas) et les chutes de hauteur et de plain-pied (au moins 10 %). Les activités de service (banques, assurances, administrations) sont en revanche peu concernées par cette pathologie. La métallurgie, la chimie et le commerce non alimentaire affichent un risque modéré. Ce dernier est qualifié d’« important » dans l’agroalimentaire, les transports et les industries de l’énergie, et de « fort » dans le bâtiment et travaux publics (BTP). Enfin, les activités de soin et d’aide à la personne, ainsi que la logistique, présentent un sur-risque.
La très grande majorité des lombalgies en lien avec un accident de travail surviennent de manière brutale et évoluent souvent favorablement sans laisser de séquelles. La moitié des arrêts de travail durent moins de deux semaines. Seuls 5 % donnent lieu à une indemnisation en raison d’une incapacité permanente. En revanche, dans le cadre d’une maladie professionnelle, l’arrêt dure en moyenne un an. Ces lombalgies chroniques sont plus sévères et les séquelles plus graves (hernie discale conduisant souvent à des interventions de chirurgie). De plus, « ces pathologies s’inscrivent dans une récurrence d’accidents : 70 % des personnes ayant eu une lombalgie liée au travail ont déjà eu dans leurs antécédents un AT et dans un tiers des cas une lombalgie », indique l’Assurance maladie.

Un enjeu de santé publique

Le rapport rappelle que, « au-delà du monde professionnel, un Français sur deux a eu une lombalgie sur les douze derniers mois. [Cette pathologie] constitue le deuxième motif de recours au médecin traitant et donne lieu à un arrêt de travail une fois sur cinq ». Elle représente 30 % des arrêts de travail de plus de six mois et constitue la troisième cause d’admission en invalidité pour le régime général. Pour améliorer la situation, la branche AT-MP agit sur deux leviers : « la prévention primaire avec de nombreuses actions menées depuis quarante ans » et « le retour à l’emploi […], associant prise en charge médicale et réinsertion professionnelle ».

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