Accidents de la vie courante : un bilan pour une meilleure prévention

, par  Vincent Portois

Les accidents de la vie courante (AcVC) font cinq fois plus de morts que ceux de la route. A la lecture de ce triste chiffre, on pense d’abord aux enfants, mais les seniors sont tout aussi touchés, voire davantage, selon la dernière publication des données « Bulletin épidémiologique hebdomadaire » (BEH) de l’agence Santé publique France.

Les accidents de la vie courante (AcVC), autrement dit les accidents domestiques, sportifs ou scolaires, sont dans le top 3 des causes de mortalité en France – après les cancers et les maladies cardiovasculaires – avec 21 470 décès, pour un pourcentage de 3,8 % de la mortalité totale. Le « Bulletin épidémiologique hebdomadaire » du 10 janvier précise même que, sans aller jusqu’au décès, environ 12 millions de Français en sont victimes chaque année. Avec cette étude de Santé publique France entre 2000 et 2012, on peut dorénavant parler d’un réel manque de prise de conscience de la population, au regard de résultats présentant une certaine constance et une faible baisse pendant ces douze années d’enquête. Certes, on ne peut pas nier les multiples campagnes de prévention, mais aussi la réglementation sur les produits manufacturés pour enfants par exemple. Sans avoir la certitude d’un lien de cause à effet, on note qu’en 2000, dix enfants sont décédés par intoxication, et seulement trois en 2012.
Les seniors, particulièrement les plus de 75 ans, représentent les deux tiers du nombre toujours trop important de décès, soit 14 805 cas. A l’exemple des campagnes menée en direction des parents de jeunes enfants, il est donc nécessaire d’accentuer la prévention des AcVC chez les seniors. Santé publique France y prend part avec son programme « Pour bien vieillir ». Rappelons-le, « la cause la plus fréquente de mortalité reste la chute (9 600 morts par an, soit vingt-six par jour en moyenne), suivie de l’étouffement par suffocation, qui cause près de 3 000 morts par an ».
Si l’on constate que, globalement, il y a autant de femmes que d’hommes victimes d’AcVC, la France présente par ailleurs des différences régionales, qui appelleraient à réaliser une autre étude pour en connaître les raisons : « La région Nord-Pas-de-Calais et la Bretagne ont enregistré une mortalité supérieure de 24 % et 23 % au taux standardisé moyen de la France métropolitaine ; le Limousin a enregistré une mortalité supérieure de 14 % et le Languedoc-Roussillon et la Franche-Comté une surmortalité de 11 % supérieure à ce taux. A l’opposé, l’Ile-de-France a connu une mortalité significativement plus faible de 25 % à ce taux. »

Travailler sur la prévention

Beaucoup de gestes simples à adopter au quotidien sont ignorés. L’étude de Santé publique France le confirme dans sa conclusion : « Les AcVC restent une cause importante de décès en France. De nombreux décès pourraient être évités par des mesures de prévention adaptées. » Même si, au demeurant, cette prévention reste compliquée à mettre en œuvre, « car il existe une multitude d’accidents : différents types de chutes (défenestrations accidentelles, chutes à vélo, chutes dans les escaliers, chutes de cheval, etc.) et les risques sont différents selon les populations (enfants d’âge préscolaire, personnes âgées, etc.). Quelques campagnes et actions de prévention ont été évaluées selon différentes méthodes : des post-tests ont été faits auprès de parents d’enfants soumis au risque d’AcVC, des actions de prévention avec essais contrôlés randomisés avec un groupe témoin et un groupe soumis à l’intervention, une revue de littérature des programmes et actions de prévention des AcVC chez les enfants. Ces mesures d’efficacité ne sont pas systématiques et devraient être généralisées aux nombreuses actions dans le domaine de l’accidentologie ». En 2013, une enquête de Gema Prévention, révélait qu’un Français sur cinq ne connaissait pas le numéro d’appel des pompiers. Apprendre les principaux numéros d’urgence (Samu, police, centre antipoison…) pourrait déjà être une bonne entrée en matière pour lutter contre les AcVC.

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