L’Académie de médecine réclame l’interdiction de la pub pour les cabines UV

, par  Delphine Delarue

Dans un communiqué, l’Académie nationale de médecine dénonce l’utilisation de l’image de sportifs pour la promotion d’une grande enseigne de cabines de bronzage. La société savante rappelle que cette pratique de bronzage par ultraviolets (UV) artificiels est classée comme cancérogène par le Centre international de recherche contre le cancer (Circ). Elle est notamment accusée de multiplier les risques de mélanome, un cancer de la peau particulièrement agressif.

L’Académie nationale de médecine a vu rouge. Dans un communiqué publié en début de semaine, elle s’insurge contre l’enseigne de cabines de bronzage Point Soleil, qui utilise l’image du Cercle des nageurs de Marseille (CNM) pour faire sa promotion. Sur le site de la marque, on peut en effet voir ces sportifs, parmi lesquels Camille Lacourt et Laure Manaudou, vanter les mérites des ultraviolets (UV) artificiels : « En plus du soleil marseillais, nous pouvons désormais bénéficier des vertus du bronzage en cabine, pour conserver un teint hâlé et nous faire du bien au moral, surtout à l’approche de l’hiver », expliquent-ils. Dans le cadre de ce partenariat, Point Soleil fournira un accès VIP aux nageurs de l’équipe, qui, de leur côté, se sont engagés à spécifier leur attachement à l’enseigne sur les réseaux sociaux. Pour l’Académie de médecine, en « s’infiltrant dans le monde du sport, comme à une certaine époque le lobby du tabac, les professionnels du bronzage se donnent ainsi à peu de frais une image positive de jeunesse, de performance et d’apparente bonne santé ». La société savante, précisant en outre que la pratique du bronzage en cabine est classée comme notoirement cancérogène par le Centre international de recherche contre le cancer (Circ), demande l’interdiction totale de toute publicité pour les UV artificiels.

Fréquentation en hausse des centres de bronzage

Alors que ces derniers sont depuis plusieurs années dénoncés par la communauté médicale – d’après le Circ, le risque de développer un mélanome cutané est augmenté de 75 % pour les individus ayant eu recours au moins une fois aux cabines de bronzage avant l’âge de 35 ans – cette pratique aurait tendance à augmenter en France. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), le nombre de centres de bronzage aurait doublé entre 2002 et 2009. Et une enquête de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) révèle qu’en 2010 13,4 % des Français auraient déjà utilisé des UV artificiels au moins une fois dans leur vie. Dans son communiqué, l’Académie de médecine rappelle également que, contrairement au discours véhiculé par les professionnels du bronzage, utiliser ces cabines ne participe aucunement à préparer la peau au soleil ni à la protéger de celui-ci. Selon la société savante, cela ne permet pas non plus de lutter contre la dépression saisonnière, les UVA diffusés en cabine n’étant ici d’aucune utilité, contrairement à la luminothérapie. Enfin, ces UV ne favoriseraient pas la production de vitamine D. En janvier dernier, l’Anses avait de son côté recommandé la fermeture, à terme, des centres de bronzage, en raison « du risque avéré de cancers cutanés pour les utilisateurs ». Au mois de mai, le ministère de la Santé annonçait la préparation d’un décret destiné à durcir la réglementation sur les cabines, un texte qui ne devrait plus trop tarder à être rendu.

Sources
- « Cabines de bronzage : les sportifs en otage ? », communiqué de l’Académie nationale de médecine, 25 juin 2013.
- « Les dangers pour la santé des cabines de bronzage », Nouvelobs.com, 26 juin 2013.

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