Semaine du son : protégez vos oreilles

, par  Aude Malaret

La onzième édition de la Semaine du son se tient du 27 janvier au 1er février à Paris et du 2 au 9 février dans toute la France. Cette campagne nous invite à tendre l’oreille, mais aussi à la protéger des agressions sonores, en particulier lors de l’utilisation d’un casque audio.

Depuis onze ans, la Semaine du son revient chaque année pour sensibiliser le public à l’importance des sons et de la qualité de l’environnement sonore. Dans toute la France, jusqu’au 8 février, sont programmés des débats, des rencontres, des ateliers et des concerts. Objectif : prendre le temps de s’intéresser aux ambiances sonores de notre quotidien, à la voix et à ses nuances, à la création musicale, aux formations supérieures aux métiers du son ou encore à l’écoute au casque, à ses usages et à ses impacts sur la santé.

De plus en plus de problèmes d’audition chez les jeunes

« En dépit des rapports, des campagnes ou des plans, nous continuons à martyriser l’un de nos sens les plus précieux : l’ouïe », avertit Philippe Berrebi, directeur de la rédaction du site Pourquoidocteur.fr. Et avec les 10 millions de casques vendus en France en 2012, l’« Homo oreillettes » a envahi l’espace urbain, constate l’hebdomadaire Marianne sur son site. Les premiers concernés sont, sans surprise, les jeunes, qui vivent sous « perfusion sonore » : selon une étude réalisée en 2012 par Ipsos pour l’association Journée nationale de l’audition (JNA), 67 % des 13-25 ans déclarent écouter de la musique entre une et quatre heures par jour, dont une bonne partie dans l’espace public. Or le risque de devenir sourd est bien réel, alertent les spécialistes dans un article du Parisien : mal utilisé, le casque audio cause un tort irrémédiable à nos oreilles. « En consultation, nous voyons des moins de 30 ans dont la fonction est altérée », confie au quotidien Hung Thai-Van, ORL et chef du service d’audiologie aux Hospices civils de Lyon. Aujourd’hui, 20 % des jeunes souffriraient de problèmes préfigurant une surdité précoce.
S’il est vrai qu’avec le casque le son n’a jamais été aussi près de l’oreille interne, « ce n’est pas tant l’objet qui est à dénoncer, mais son usage », précise Christian Hugonnet, acousticien et président de la Semaine du son.

Que faire pour éviter des dégâts irréversibles ?

Que se passe-t-il quand un son arrive à notre oreille ? Et s’il est trop fort ? Le son est recueilli par le pavillon de l’oreille externe, puis transmis par le conduit auditif jusqu’au tympan, qui se met à vibrer, comme une peau de tambour. Ces vibrations sont à leur tour transmises à l’oreille interne, où se trouve la cochlée, qui abrite les cellules auditives ciliées, responsables de l’audition. Ces dernières transforment les vibrations en message pour le cerveau. Sauf que les cellules ciliées, au nombre de 15 000 environ à notre naissance, ne se renouvellent pas. A force d’être maltraitées par des bruits trop forts, elles sont abimées puis irrémédiablement détruites. Le risque est alors de se retrouver atteint de surdité partielle ou totale, d’acouphènes (c’est-à-dire de grésillements ou de sifflements entendus tous les jours sans interruption) ou d’hyperacousie (la personne qui en souffre devient intolérante au moindre bruit). Des signaux d’alerte sont repérables et indiquent que les oreilles ont souffert d’une exposition sonore trop importante : bourdonnement, impression d’oreille bouchée ou perception trop forte et quasi douloureuse de certains bruits.
Pour limiter les dégâts, les spécialistes recommandent de réduire la durée d’écoute avec un casque ou des écouteurs, de régler le volume dans un endroit calme, de ne pas dépasser la moitié du volume maximum du baladeur, de porter des bouchons d’oreilles dans les lieux où le niveau sonore est trop élevé et de faire durant l’écoute des pauses de trente minutes toutes les deux heures ou de dix minutes toutes les quarante-cinq minutes. Des conseils pas toujours faciles à entendre.

Pour plus d’infos : Lasemaineduson.org ; le clip de la onzième édition, Vimeo.com/79014223 ; Ecoute-ton-oreille.com, site réalisé par l’INPES sur les risques auditifs et les bons gestes de prévention à adopter.

 

Sources
- « Semaine du son : gare aux oreilles », Philippe Berrebi, Pourquoidocteur.fr, 28 janvier 2014.
- « Pitié pour vos oreilles », Claudine Proust, Le Parisien, 28 janvier 2014.
- « Trop de musique rend-il sourd ? », Mathias Destal, Marianne.net, 29 janvier 2014.
- « Dossier : protéger ses oreilles à tout âge », Sante.journaldesfemmes.com.

DOSSIERS

Santé au travail Prévenir les risques professionnels

La récente intensification du travail induit de nouvelles formes d’organisation qui ne sont pas sans risques sur la santé physique et mentale des salariés. Ces contraintes se traduisent essentiellement par une augmentation des troubles musculo- squelettiques (TMS) et des pathologies psychiques au (...)

Surveiller sa santé grâce aux objets connectés

Depuis l’apparition des podomètres « intelligents », nombreuses sont les personnes qui consultent régulièrement leur Smartphone pour savoir combien de pas elles ont faits dans la journée. Les objets connectés, très populaires, ont donné une deuxième jeunesse à la prévention en apportant un aspect ludique (...)

Autisme : Quelle prise en charge aujourd’hui en France

Manque de structures adaptées et d’informations, faible coordination entre les différents intervenants, discours contradictoires de professionnels, absence d’interlocuteur unique au sein du système de soins… En France, malgré trois plans Autisme successifs, la prise en charge de ce trouble reste (...)

Plastiques, cosmétiques, alimentation…

Les perturbateurs endocriniens font désormais partie de notre environnement quotidien. Problème : ces molécules sont rendues responsables de malformations génitales, de pubertés précoces et de diminution de la fertilité. On les soupçonne également de jouer un rôle dans le développement de l’obésité, du (...)

ARTICLES RÉCENTS