Un tiers des actes médicaux injustifiés

, par  Enrique Moreira

Selon une étude menée par la Fédération hospitalière de France (FHF), seuls 72 % des actes médicaux sont « pleinement justifiés ». De plus en plus clientélistes, les patients exigent des prestations parfois non nécessaires.

Un sondage réalisé récemment par la Fédération hospitalière de France (FHF) auprès de plus de 800 médecins hospitaliers, spécialistes libéraux et généralistes libéraux révèle que près d’un tiers des actes médicaux ne sont pas « pleinement justifiés ». Dans le détail, pour les médecins spécialistes libéraux, seulement 76 prestations sur 100 ont une véritable raison d’être ; pour ceux qui exercent à l’hôpital, le taux est de 74 %, et pour les généralistes, il tombe à 68 %.
Par ailleurs, « le constat est le même lorsque les praticiens envisagent leur propre discipline » : les hospitaliers n’accusent pas les spécialistes de faire de l’excès de prescription pour augmenter leurs dépassements d’honoraires, et les généralistes ne revoient pas non plus la faute sur les autres.

La peur du procès

Alors, qu’il ne soit pas fait aux médecins le reproche de gaspiller l’argent de la Sécurité sociale en prescrivant des actes inutiles ! Les praticiens blâment plus volontiers les patients, qui, de mieux en mieux informés sur les risques de santé et sur les techniques de soins, se montrent de plus en plus exigeants. L’étude indique ainsi que 80 % des actes médicaux peu ou pas justifiés viendraient d’abord d’une demande du malade.
Autre explication : les professionnels de la santé ont plus peur qu’avant des possibles poursuites judiciaires, ce qui les incite, dans 58 % des cas, à accéder à la moindre demande de leurs patients.
Pour éviter ces excès, la FHF propose de faire publier par la Haute Autorité de santé une liste des examens nécessaires et de ceux non obligatoires pour chaque cas précis. Une liste qui servirait de référence devant les tribunaux.

Changer les habitudes

Pour Frédéric Valletoux, le président de la FHF, interviewé par Le Figaro, ce sondage annonce en premier lieu que « les acteurs du système de santé sont prêts à faire évoluer les choses ». Ainsi, la fédération hospitalière souhaiterait la mise en place d’une campagne de communication auprès du grand public. A l’instar de celle sur les antibiotiques, l’idée serait de changer les habitudes, en expliquant que certains actes médicaux ne sont pas non plus automatiques.

Sources

- « Les médecins face aux pratiques d’actes injustifiés », sondage réalisé par TNS pour la Fédération hospitalière de France, juillet 2012.

- « Valletoux : "Mieux vaut lutter contre les actes inutiles que dérembourser" », Le Figaro, mercredi 4 juillet 2012.

DOSSIERS

Le foie, l’allié de notre santé

Alors qu’on le considère moins que le cœur ou les poumons, le foie, véritable dépollueur de notre organisme, est impliqué dans plus de 300 fonctions essentielles à notre vie.

Epigénétique : comment l’environnement influence nos gènes

Selon des études récentes, l’air que nous respirons, ce que nous mangeons, notre activité physique ou l’exposition au stress auraient un impact direct sur le fonctionnement de nos cellules. En laissant des traces sur notre ADN, notre environnement pourrait favoriser le développement de maladies. (...)

Un autre regard sur les maladies mentales

Dépression, anorexie, troubles bipolaires, phobies, schizophrénie… Actuellement, 12 millions de Français souffriraient de troubles psychiques. Pourtant, les maladies mentales restent encore l’objet de préjugés tenaces qui stigmatisent les patients et les isolent à la fois socialement et (...)

Vie affective et sexuelle : une affaire d’éducation

Inhérente à la vie affective, la sexualité est source de découverte à tout âge. Les enfants comme les adolescents, qui se posent de nombreuses questions à ce sujet, devraient pouvoir trouver à chaque fois des réponses adaptées. Car l’éducation affective et sexuelle est un enjeu important de vie en société, (...)