Tabac : moins de ventes et plus de lois

, par  Enrique Moreira

L’étude annuelle menée par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) a constaté une chute des ventes de tabac de 3,4 % en 2012. Le rapport ne prenant pas en compte les achats dans les pays frontaliers, cela ne veut donc pas dire que la consommation de cigarettes a diminué, ni même le nombre de fumeurs. Par ailleurs, un sénateur socialiste a demandé à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, une loi visant à interdire de fumer dans une voiture en présence d’un mineur.

Ce sont les buralistes qui ne vont pas être contents. En 2012, les ventes de tabac en France métropolitaine ont reculé, en volume, de 3,4 %. C’est la plus forte baisse enregistrée depuis 2005 selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), à l’origine de cette information publiée dans son bilan annuel du tableau de bord tabac.
Un chiffre qu’il faut mettre en perspective : les ventes de tabac à rouler ont en effet continué d’augmenter (+ 6,4 %), essentiellement parce que celui-ci est moins cher que les autres, mais en parallèle le volume global a fléchi par la chute des ventes de cigarettes (– 4,9 %) et des autres types de tabac, comme les cigares, les cigarillos, le tabac à priser, etc. (– 2 %).

Il est à noter, par ailleurs, que l’étude n’a pas pris en compte les achats frontaliers. Il est donc impossible d’affirmer que le nombre de fumeurs a diminué, même si tout le laisse à croire, notamment les ventes de traitements pour l’arrêt du tabac, qui ont progressé de 6,7 % en 2012.

Un point de rupture

Les législations successives sur les ventes de tabac y sont-elles pour quelque chose ? L’OFDT note que, « si les hausses de prix de novembre 2009 et 2010 n’avaient pas eu l’effet escompté sur les ventes, celles d’octobre 2011 et 2012 (de plus de 30 centimes chacune) semblent clairement affecter le marché des cigarettes ». L’observatoire parle d’un « point de rupture » au-delà duquel le prix a eu un effet incitatif sur la possibilité d’arrêter de fumer.

En revanche, les lois les plus contraignantes pour les fumeurs ont été prises avec l’objectif de diminuer le plus possible les risques liés au tabagisme passif. Et c’est toujours dans cette optique que le sénateur PS Yannick Vaugrenard a interpellé la ministre de la Santé, Marisol Touraine le 27 mars. Il souhaite en effet qu’il soit « désormais interdit de fumer dans les voitures en présence de mineurs, comme c’est déjà le cas en Grèce depuis 2010 ».

Plus aucun espace fumeurs

Cette restriction viendrait s’ajouter à la liste des lieux publics où il est interdit de fumer depuis 2008. Certains députés s’alarment d’ailleurs du vide juridique existant autour des terrasses chauffées où il est encore possible de fumer et dont le nombre est passé de 30 000 à 45 000 en deux ans. Dans un rapport sur l’efficacité des politiques de lutte contre le tabagisme remis en février dernier, ces mêmes députés recommandent de multiplier les contrôles dans les bars, les restaurants et les discothèques.
A Nice, à l’image de la commune de La Ciotat, la ville a déjà adopté le label « Plages sans tabac », qui délimite des portions du littoral où il est interdit de fumer sous peine d’une amende de 11 ou de 38 euros. Depuis l’été 2012, les vacanciers fumeurs ne peuvent plus accéder à la plage du Centenaire, face à la célèbre promenade des Anglais, ni à celle située en face de l’hôpital des enfants.
Marisol Touraine a répondu à la proposition du sénateur PS Yannick Vaugrenard en rappelant que celle-ci se heurtait « au caractère privé d’une voiture ». Elle a conclu en affirmant que le gouvernement réfléchissait à « une interdiction du tabac dans des lieux publics collectifs qui accueillent des enfants, comme les parcs publics ou les jardins d’enfants ».

Sources
- « Tableau de bord annuel “tabac, tabagisme et arrêt du tabac” en 2012 », Aurélie Lermenier, pôle indicateurs de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, 26 mars 2013.
- « A quoi ressemblent les législations anti-tabac à l’étranger ? », 20minutes.fr, 27 mars 2013.

DOSSIERS

Cuisiner, c’est bon pour la santé

Choisir des produits sains et se préparer à manger plutôt que recourir à des plats industriels est un moyen simple de préserver sa santé, d’autant qu’il n’est pas nécessaire d’être un véritable cordon-bleu pour se faire du bien. Cuisiner est aussi un formidable moyen de partager : faire découvrir aux (...)

Vivre avec la maladie de Parkinson

Avec plus de 200 000 personnes touchées en France, la maladie de Parkinson­ est l’affection neurodégénérative la plus fréquente après l’alzheimer. Elle évolue lentement, se manifeste parfois par des tremblements, mais surtout par des difficultés à effectuer des gestes et constitue ainsi une cause de (...)

En finir avec le mal de tête

Même s’ils peuvent être très gênants, les maux de tête sont la plupart du temps sans gravité, mais quand ils se répètent, c’est toute la qualité de vie qui est altérée. Heureusement, qu’il s’agisse de céphalée de tension ou de migraine, des solutions efficaces existent, à condition de bien identifier la (...)

Santé au travail Prévenir les risques professionnels

La récente intensification du travail induit de nouvelles formes d’organisation qui ne sont pas sans risques sur la santé physique et mentale des salariés. Ces contraintes se traduisent essentiellement par une augmentation des troubles musculo- squelettiques (TMS) et des pathologies psychiques au (...)

ARTICLES RÉCENTS